Martinez: la CGT, "parfois trop idéologique", doit redevenir le syndicat du quotidien

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Le numéro un de la CGT, Philippe Martinez (c), défile à Paris pour réclamer des hausses de salaires, le 14 décembre 2018 Christophe ARCHAMBAULT

La CGT, qui a perdu sa place de premier syndicat au profit de la CFDT, est "parfois trop idéologique" et doit "redevenir le syndicat de la feuille de paie et du carreau cassé", estime vendredi son secrétaire général Philippe Martinez.

"Si nous sommes passés deuxièmes, c'est parce que nous sommes parfois trop idéologiques et pas assez concrets. Nous devons redevenir le syndicat de la feuille de paie et du carreau cassé", analyse M. Martinez dans un entretien aux journaux du groupe Ebra.

Le "carreau cassé" (de l'atelier) était une expression utilisée par l'ancien secrétaire général (1982-1992) et figure de la CGT Henri Krasucki, pour souligner que le syndicat devait d'abord s'intéresser au quotidien des salariés avant de tenir de grands discours.

"Si elles veulent regagner un peu de crédibilité, les organisations syndicales de ce pays doivent mettre de côté leurs divergences et travailler ensemble sur des revendications concrètes. La mobilisation aux ronds-points, c'est bien, la mobilisation dans les entreprises, c'est mieux", insiste M. Martinez.

Concernant les "gilets jaunes", le responsable syndical estime qu'il n'est "pas possible de courir ou marcher avec eux au niveau national, car il n'y a pas d’organisation, pas de ligne… Mais dans les territoires, il y a eu des manifs communes, des tracts communs avec une main rouge et une main jaune qui se serrent".

"Il y a des choses à faire ensemble, à condition d'éviter des dérives racistes, antisémites, qui sont marginales mais qui existent", juge-t-il.

Secrétaire général de la CGT depuis 2015, lorsqu'il a succédé à Thierry Lepaon, M. Martinez indique qu'il décidera "fin janvier" s'il sollicite un nouveau mandat lors du congrès de Dijon du 13 au 17 mai.

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