Récif de l'Amazone: Greenpeace repart en expédition, s'oppose aux projets pétroliers

Récif de l'Amazone: Greenpeace repart en expédition, s'oppose aux projets pétroliers
Le navire de Greepeace Esperanza, le 1er décembre 2012 à Manille JAY DIRECTO

Greenpeace a lancé une nouvelle expédition sur les côtes brésiliennes pour explorer le récif corallien au large de l'embouchure de l'Amazone, découvert en 2016 et qui selon des organisations écologistes pourrait être menacé par des projets pétroliers.

Le navire de l'ONG environnementale, l'Esperanza, devait quitter mardi la ville de Belem dans l'estuaire du fleuve pour se rendre dans la zone où se situe le récif. La mission de six semaines est menée avec des scientifiques brésiliens.

Greenpeace s'était déjà rendu pendant dix jours sur place début 2017 et avait rapporté les premières images du récif dont l'existence avait été révélée via un article paru dans Science.

Cette première exploration avait laissé "beaucoup de questions en suspens, d'où la nécessité de revenir faire une expédition scientifique" avec des récoltes des sédiments ou d'échantillons d'eau grâce à un robot sous-marin, a expliqué François Chartier, responsable de campagne océan de Greenpeace France, à l'AFP.

L'ONG espère pouvoir aussi mener des recherches au large de la Guyane et attend les autorisations nécessaires côté français.

Il ne s'agit pas d'un récif continu, comme la grande barrière de corail en Australie, mais d'une structure en patchs dispersés. Sa superficie est estimée à environ 9.500 kilomètres carrés.

"Ce type de construction dans le panache de l'Amazone est assez surprenant", souligne Thierry Perez, directeur de recherche au CNRS. En général les embouchures des grands fleuves, caractérisées par des courants importants, de nombreux sédiments et des eaux peu claires, ne sont pas propices au développement de coraux.

Ce récif servirait de "zone de transition entre les Caraïbes et les côtes brésiliennes", alors qu'"on pensait que l'Amazone représentait une barrière entre ces deux zones", d'où son importance, poursuit le scientifique.

Il s'agit d'un écosystème "unique", renchérit Serge Planes, directeur de recherche au CNRS. M. Planes doit rejoindre l'expédition de Greenpeace à Cayenne.

L'ONG critique les projets de Total dans la région, pointant du doigt les dangers que représenterait une marée noire pour les coraux et demande une sanctuarisation de la zone.

Total, au même titre que BP, a acquis des blocs pétroliers dans l'embouchure de l'Amazone lors d'enchères en 2013, mais n'a toujours pas obtenu la licence environnementale des autorités locales.

En août, l'Institut brésilien pour l'environnement (Ibama) a réclamé des informations complémentaires au sujet de l'étude d'impact environnementale fournie par l'entreprise française, jugée "insuffisante".

Total a répondu à la demande de l'Ibama fin janvier, a précisé une porte-parole du géant pétrolier. "L'agence environnementale examine actuellement l'étude d'impact environnemental complète de Total", a-t-elle précisé.

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