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Tour de France: Bardet, dernière "reco" dans l'Oisans

Tour de France: Bardet, dernière
Le Français Romain Bardet en reconnaissance sur les routes du prochain Tour de France, le 13 juin 2018 dans le final de l'ascension de l'Alpe d'Huez JEAN-PIERRE CLATOT

De la dizaine de coureurs pros qui s'attaque mercredi à l'Alpe d'Huez, Romain Bardet se dégage, en grimpeur, dans sa reconnaissance du final de la 12e étape du prochain Tour de France.

Au pied de l'Alpe, Bardet se présente avec Pierre Latour et Tony Gallopin, les deux coéquipiers d'AG2R La Mondiale qui l'accompagnent depuis la fin du Critérium du Dauphiné dimanche. Mais, très vite, il se détache. Ses coéquipiers et cinq coureurs de l'équipe belge Wanty ne le reverront qu'en haut.

Ce n'est que bien après la fin de sa dernière "reco", une douche et un changement de tenue, qu'il apprendra que... Chris Froome, le quadruple vainqueur du Tour, a grimpé lui aussi, mais en début d'après-midi, les 21 virages. En cette période, les cols des Alpes sont très courus !

L'étape-reine des Alpes, le 19 juillet, comportera trois ascensions classées hors catégorie (Madeleine, Croix-de-Fer, Alpe d'Huez). Pour un dénivelé total supérieur à 5000 mètres jusqu'au massif de l'Oisans, qui brigue le titre de "capitale mondiale du vélo de montagne".

"C'est une vraie étape alpestre !" apprécie le grimpeur auvergnat (27 ans) en rappelant toutefois que "toutes les étapes de montagne sont importantes". Mais pourquoi tient-il tant à reconnaître une montée qu'il a déjà grimpée à plusieurs fois ? "On l'a pratiquée à plusieurs reprises mais je ne le connais pas coeur", répond-il. "Et cela permet de prolonger les efforts du Dauphiné".

- 'J'ai besoin de me ressourcer' -

"C'est important de faire une reconnaissance près de l'événement", précise son entraîneur Jean-Baptiste Quiclet. "Il y a une dimension physique et technique, pour voir les pièges du parcours, et aussi psychologique, avec une mentalisation des efforts à faire, des sensations procurées".

Seul inconvénient, "c'est coûteux en énergie", estime l'entraîneur de Bardet, en évoquant les déplacements en voiture pour se rendre sur telle ou telle étape. Mais le bénéfice est réel, pour les descentes bien plus que les montées. "Cela a été utile dans le final de Saint-Gervais", relève-t-il à propos de la victoire d'étape de son coureur dans le Tour 2016.

Le meilleur Français des deux derniers Tours (2e en 2016, 3e en 2017) a reconnu des cols pyrénéens en mai, l'étape de Quimper et les pavés plus tôt en saison. Il a bouclé mercredi la "reco" des trois journées alpestres à venir.

Pour conforter ces données, un directeur sportif de l'équipe, Didier Jannel, sillonne actuellement les Pyrénées et filme sans se lasser. Le but est de poursuivre le processus de professionnalisation du groupe, explique Jean-Baptiste Quiclet, qui fixe le cap: "ne pas être surpris par la topographie."

Bardet, méticuleux et perfectionniste, aime cette période, entre travail planifié et souci du détail, qui mène au grand rendez-vous. "J'aime bien monter les cols sous le soleil", sourit-il.

"C'est le moment où les journées sont les plus longues. On est en phase avec la nature. J'ai besoin de calme, de me ressourcer avant le Tour. L'idée, c'est de se présenter au départ avec le maximum de fraîcheur mentale".

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