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Italie: la défense de Battisti demande de ramener sa peine à 30 ans de réclusion

Italie: la défense de Battisti demande de ramener sa peine à 30 ans de réclusion
L'ex-activiste d'extrême gauche italien Cesare Battisti (c) escorté par des policiers italiens, à la descente de l'avion qui l'a ramené de Bolivie, le 14 janvier 2019 à RomeAlberto PIZZOLI
Italie

La défense de Cesare Battisti, ex-activiste italien d'extrême gauche condamné en Italie pour quatre meurtres et incarcéré pour purger une peine de perpétuité, a demandé à ce que sa peine soit ramenée à 30 ans de réclusion, a rapporté jeudi l'agence AGI.

Selon l'agence, son avocat, Davide Steccanella, a déposé trois mémoires ces derniers jours à la Cour d'assises de Milan pour réclamer un jugement en appel ramenant la peine de son client, âgé de 64 ans, à 30 ans de réclusion.

L'avocat a déploré "l'exposition médiatique particulière" que son client a subie et a dénoncé "des déclarations publiques de ministres" qui se sont exprimés avec une certitude absolue sur la peine de Cesare Battisti, selon AGI.

Le ministre italien de l'Intérieur, Matteo Salvini, également chef de la Ligue (extrême droite), avait ainsi promis à l'ex-terroriste de "moisir en prison". Son collègue à la Justice, Alfonso Bonafede, membre du Mouvement 5 Etoiles (M5S, antisystème), a fait diffuser une vidéo sur le retour de Battisti en Italie où "il est exposé comme un trophée de chasse", selon une association d'avocats pénalistes.

Cesare Battisti a été capturé à la mi-janvier en Bolivie après 40 ans de cavale et expulsé vers l'Italie. Après son arrivée à Rome il a été transféré dans une prison de haute sécurité en Sardaigne où il devra purger sa peine.

L'avocat a par la suite détaillé les raisons de sa requête de ramener la peine de réclusion de son client à 30 ans.

La loi brésilienne ne prévoit pas de peine de réclusion à perpétuité, le maximum étant de 30 ans. Or Cesare Battisti aurait dû être renvoyé dans ce pays après sa capture en Bolivie et pas directement en Italie, estime Me Steccanella.

La Bolivie a commis deux fautes procédurales, selon l'avocat italien : elle n'a pas attendu l'expiration du délai de trois jours prévu par la loi bolivienne pour permettre de déposer un éventuel recours et elle n'a pas renvoyé Battisti dans le "pays d'origine", qui était dans ce cas le Brésil, d'où était arrivé l'ex-terroriste qui fuyait les justices brésilienne et italienne.

La thèse de l'avocat est que si la Bolivie avait renvoyé Cesare Battisti au Brésil, le Brésil n'aurait pas extradé ce dernier en Italie tant qu'il n'aurait pas eu la certitude que l'ex-terroriste serait condamné à un maximum de 30 ans de réclusion, conformément à sa loi, et non à la perpétuité, comme le prévoit la loi italienne.

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