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"Chronique d'une catastrophe annoncée", "l'espoir d'un nouveau pacte social": les partis réagissent au départ de la N-VA

Le Premier ministre Charles Michel a annoncé ce samedi soir qu'il irait à Marrakech pour approuver le Pacte des Migrations alors que peu de temps auparavant, Bart De Wever, président de la N-VA, avait déclaré que son parti ne pourrait rester dans le gouvernement si tel était le cas. Conséquence: la N-VA ne fait désormais plus partie du gouvernement fédéral. Cette issue pressentie depuis quelques jours a suscité des réactions des autres partis. 

Au micro de notre journaliste Vincent Chevalier, Ahmed Laaouej (PS) a affirmé que cette issue n'est pas surprenante. "On se retrouve aujourd’hui dans un gouvernement qui est ultra-minoritaire. C’est 50 députés sur 150. Donc c’est tout à fait déplorable. On est face à des gens irresponsables, autant le Premier ministre que la N-VA. Le Premier ministre a essayé de gagner du temps en se jouant du Parlement, la N-VA développe des thèmes populistes. Ils ont déjà leur thème de campagne. En tout cas, c’est la chronique d'une catastrophe annoncée", souligne-t-il.

De son côté, Olivier Chastel (MR) s'explique sur les conséquences d'un tel départ. "C’est donc un gouvernement qui pendant quelques mois, d’ici les échéances programmées, se retournera beaucoup plus vers le parlement pour trouver des majorités au travers de différents textes. On devra prendre à la Chambre suffisamment de contact pour savoir sur les différents textes quelle majorité peut se dégager au-delà du fait que la N-VA a quand même approuvé un certain nombre de textes. On imagine qu’ils auront un peu de cohérence", nous a-t-il affirmé. 

Jean-Marc Nollet (Ecolo) parle quant à lui de "l'échec d'un gouvernement". "C'est l’échec du MR, c’est l’échec de Charles Michel. Il a manqué de fermeté pendant plus de 4 ans, il a laissé faire la N-VA. La N-VA a tortillé la démocratie, la liberté et les droits sociaux. On se retrouve aujourd’hui avec le bout de l’histoire, avec le fait que le gouvernement est devenu minoritaire. Le MR en porte une très lourde responsabilité", nous indique-t-il. 

David Clarinval (MR) dit "regretter le départ de la N-VA. "Ce gouvernement, si ce n'est ce pacte migratoire, a fait de l'excellent travail. On a créé plus de 200.000 emplois, donné plus de 5% de pouvoir d'achat en plus aux citoyens. On espère pouvoir finaliser quelques dossiers qui doivent aboutir", nous a-t-il affirmé. 

Raoul Hedebouw (PTB) déclare: "Je crois que Charles Michel avait déjà mis beaucoup de ses principes démocratiques pour former un gouvernement avec la N-VA (...) Il a vendu tous ses principes et c’est ça qui lui explose à la figure"

Hier, dès l'annonce du départ de la N-VA, les réactions s'étaient multipliées.

Elio Di Rupo (PS): "Espoir d'un nouveau pacte social"

"La chute du gouvernement MR N-VA a le mérite de faire cesser sa politique anti-sociale et anti-démocratique", a réagi samedi soir le président du Parti socialiste, Elio Di Rupo, après la conférence de presse de la N-VA. Cette fin annoncée de la coalition suédoise "signe l'espoir d'un nouveau pacte social pour les citoyens", a ajouté M. Di Rupo via Twitter. Plus tôt dans la journée, le président du PS avait appelé Charles Michel "à ne pas céder" face à la N-VA, soulignant que "le vote du Parlement (avait) été très clair: PS, sp.a, MR, Open VLD, Ecolo, Groen, Défi, cdH, CD&V et PTB lui demandent d'adopter le Pacte au nom du gouvernement".


Olivier Maingain (DéFI): "Une victoire pour la parlement"

"La N-VA mise hors-jeu. Une nouvelle victoire pour le parlement", a réagi samedi soir le président de Défi, Olivier Maingain. "Il a fallu la ténacité de l'opposition pour révéler la vraie nature de ce parti et forcer Charles Michel à renoncer à son alliance néfaste pour nos citoyens et déstabilisante pour notre pays", a précisé M. Maingain, en référence à la résolution demandant au gouvernement d'approuver le pacte migratoire et adoptée grâce au soutien de la plupart des partis d'opposition.

Aujourd'hui, le Premier Ministre feint de découvrir le vrai visage de la N-VA

Les coprésidents d'Ecolo: "Le MR a permis à la N-VA de mettre en œuvre sa stratégie du chaos"

"L'énième crise qui secoue notre pays sonne l'échec du Gouvernement, mais aussi et surtout l'échec du MR et de Charles Michel. Pendant quatre ans et demi, Charles Michel n'a piloté ce Gouvernement qu'avec un seul objectif : le reconduire à l'issue des élections du 26 mai. Il y a deux mois à peine, son Président de parti déclarait d'ailleurs encore ouvertement tout son appétit pour une suédoise bis. Le MR a permis à la N-VA de mettre en œuvre sa stratégie du chaos. Ce faisant, il a laissé s'abîmer la Belgique toute entière. Tous les piliers de notre pays ont été mis à mal: la démocratie, les libertés, l'état social. Pendant ces quatre ans et demi, le gouvernement MR-N-VA a fait de la division le moteur de son action. Aujourd'hui, le Premier Ministre feint de découvrir le vrai visage de la N-VA, mais il est trop tard. Les dégâts sont là : le pays n’est jamais apparu aussi divisé et rétrograde, que ce soit sur le dossier climatique comme sur tous les autres enjeux sociétaux", ont déclaré les coprésidents d'Ecolo.

On ne peut échapper à ses responsabilités de demain en les évitant aujourd'hui 

cdH: "Un cirque lamentable"

"Que personne ne s'étonne des positions de la N-VA ! Surtout pas ceux qui avaient décidé de les faire entrer dans le cockpit du gouvernement", a réagi samedi soir le cdH. "MR et N-VA se déchirent plutôt que de s'occuper des urgences des Belges. Urgences sociales, économiques et environnementales. On assiste à un cirque lamentable", a ajouté le parti démocrate humaniste via Twitter. "Nous avions prédit ce scénario il y a quatre ans et demi en refusant de rentrer dans ce gouvernement anti-Belge." Le cdH réclame "enfin une vraie ambition" pour les citoyens, et des mesures pour leur "bien-être: soins de santé, énergie, pouvoir d'achat des familles et des classes moyennes".

CD&V (qui fait partie de la majorité gouvernementale): "Nous voulons aller de l'avant"

"On ne peut échapper à ses responsabilités de demain en les évitant aujourd'hui." Le président du CD&V Wouter Beke a emprunté la célèbre formule du président des Etats-Unis Abraham Lincoln pour réagir à l'annonce faite par Bart De Wever de quitter le gouvernement Michel. "Il est désormais temps de se concentrer sur d'autres dossiers. La qualité de vie et la protection" des citoyens. "Nous voulons aller de l'avant", a ajouté M. Beke via Twitter.


Parti Populaire: "Nous souhaitons des élections anticipées"

Le Parti Populaire a exprimé dimanche soir son soutien à la décision de principe de la N-VA. Il la trouve "entièrement justifiée au regard des risques que fait peser le Pacte de Marrakech sur la souveraineté de la Belgique et une gestion rigoureuse de la migration". "Nous ferons de ce Pacte un thème de campagne et nous pensons qu'il appartient maintenant aux citoyens de se prononcer par le recours aux urnes. Nous souhaitons des élections anticipées au plus tôt", a déclaré le président du parti, Mischaël Modrikamen.

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