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Une "Maison du dessin de presse" ouvrira à Paris dans "2 ou 3 ans"

Une "Maison du dessin de presse" ouvrira à Paris dans "2 ou 3 ans"
Emmanuel Macron lors de ses voeux à la presse, à l'Elysee le 11 janvier 2022Ludovic MARIN
 
 

Une future "Maison du dessin de presse" ouvrira au centre de Paris dans deux ou trois ans, a annoncé Emmanuel Macron mardi, conformément à sa promesse formulée en 2020 pour défendre "la liberté de blasphème".

Le chef de l'Etat a officialisé cette annonce mardi après-midi lors de ses voeux à la presse, en ce jour anniversaire de la marche du 11 janvier en hommage aux victimes de l'attentat contre Charlie Hebdo en 2015 après la publication de caricatures de Mahomet.

"L'esprit du 11 janvier, celui de cette marche qui, il y a sept ans tout juste, a rassemblé des millions de personnes pour la liberté d'expression, continuera donc de vivre en 2022, au coeur de Paris", dans le VIème arrondissement, a souligné M. Macron.

"La satire, le dessin d'humour, le dessin d'actualité, le dessin politique sont au coeur de l'histoire de France", a-t-il insisté, répétant que "nous ne céderons rien quant au combat pour toutes les libertés, y compris celle de caricaturer (…) au risque de parfois susciter le courroux, les violences et les menaces".

Emmanuel Macron avait annoncé la création d'une mission pour créer une "maison du dessin de presse et du dessin satirique" lors de ses voeux à la presse de janvier 2020, en défendant le droit au blasphème comme élément de la liberté d'expression.

Une déclaration qui avait eu lieu quelques mois avant l'attaque à l'arme blanche devant les anciens locaux de Charlie Hebdo, suivie de l'assassinat de Samuel Paty, à l'automne 2020.

Mais la pandémie a retardé la concrétisation de cet engagement, souhaité dès 2007 par le dessinateur Georges Wolinski et porté, à la mort de celui-ci dans l'attaque de Charlie Hebdo, par son épouse Maryse, elle-même décédée en décembre dernier.

"Les travaux commenceront dès que possible", a souligné mardi Emmanuel Macron.

Précisant que le nom du lieu n'était pas encore définitif, l'Elysée a expliqué que le nom de "maison de la caricature avait été jugé "trop restrictif" et l'ajout ou non du mot de "dessin satirique", souhaité notamment par Maryse Wolinski, n'était pas encore décidé.

- Paris choisit Paris -

Le lieu, qui sera installé près de Notre-Dame, devrait accueillir des expositions et organiser des actions d'éducation aux médias dans toute la France, a précisé l'Elysée. Ce sera aussi un lieu refuge pour les dessinateurs étrangers.

"Il est possible que ce lieu soit considéré comme une cible et il faut en penser la sécurisation", a aussi estimé la présidence.

Charlie Hebdo a salué cette décision. "Longtemps le dessin de presse a été rarement pris en compte par les politiques culturelles nationales, et personne ne se plaindra de voir aujourd'hui cet oubli réparé", a déclaré mardi l'hebdomadaire à l'AFP.

"La tragédie subie par notre journal en 2015 a soulevé une vague de soutien planétaire qui a mis en évidence l'attachement à cet aspect de la liberté d'expression qu'est le dessin de presse, bien au-delà des frontières de la France", a-t-il ajouté.

En septembre, Maryse Wolinski avait, avec six dessinateurs de presse dont des rescapés de l'attaque, appelé le chef de l'Etat à officialiser sa promesse, rappelant que "la presse satirique appartient à notre histoire (...) et s'est développée jusqu'à nos jours comme contre-pouvoir".

La ville de Limoges, candidate malheureuse à ce projet au côté de la commune voisine de Saint-Just-le-Martel qui dispose déjà d'un centre de 2.000 m2 dédié au dessin de presse, a en revanche dénoncé un choix "incompréhensible et injuste".

"Maison du dessin de presse: Et Paris choisit...Paris" a réagi la mairie dirigée par Emile Roger Lombertie (LR) dans un communiqué, regrettant "la persistance d'un centralisme étatique qui (...) condamne les villes moyennes à la portion congrue".

"Je sais la déception de quelques villes de province qui étaient des candidats tout à fait sérieux", a répondu M. Macron lors de ses voeux à la presse. "Mais je crois que tout concourait à ce que cette maison puisse être actée pour Paris", a-t-il estimé.

leb-tsq-pjl-jk/pb/cbn


 

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