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"Enlevé" en Allemagne et condamné au Vietnam, un ex-responsable retire son appel

Un ex-dirigeant d'une entreprise pétrolière publique vietnamienne Trinh Xuan Thanh écoute son verdict à Hanoï, le 22 janvier 2018Vietnam News Agency

Un ex-dirigeant d'une entreprise pétrolière publique vietnamienne "enlevé" en Allemagne en 2017 et condamné à vie dans son pays pour corruption a retiré lundi son appel contre ce verdict, a annoncé le Parti communiste vietnamien.

Trinh Xuan Thanh, 52 ans, ancien membre du Parti communiste et ex-dirigeant d'une filiale d'une entreprise pétrolière publique vietnamienne, avait été enlevé avec sa maîtresse le 23 juillet 2017 en plein jour dans un célèbre parc berlinois, dans des conditions dignes de la Guerre froide.

Accusé par Hanoï d'avoir détourné 120 millions d'euros, M. Thanh était alors en fuite et cherchait asile en Allemagne.

Les autorités vietnamiennes démentent leur rôle dans l'enlèvement de Trinh Xuan Thanh, attaqué par un groupe d'hommes armés, jeté dans une fourgonnette, conduit à l'ambassade du Vietnam, puis finalement expédié dans son pays. Elles assurent qu'il est revenu dans le pays de son propre gré.

Lors de son procès en janvier au Vietnam, M. Thanh a échappé à la peine de mort et a été condamné à la prison à vie pour détournement de fonds.

Il ne s'est pas présenté lundi au tribunal "pour des raisons de santé", affirme le site officiel du Parti communiste en ajoutant qu'il avait retiré son appel. Sa famille a également renoncé à demander à l'Etat de lui rendre les biens confisqués, selon la même source.

Cette affaire a provoqué une crise diplomatique entre Hanoï et Berlin qui a dénoncé "une violations scandaleuse" de sa souveraineté et expulsé des diplomates vietnamiens.

- La Slovaquie se défend -

Des journaux allemands ont par ailleurs écrit que la Slovaquie avait prêté un avion gouvernemental à une délégations vietnamienne en visite à Bratislava quelque jours après l'enlèvement pour deux vols, de Prague à Bratislava, puis à Moscou. M. Thanh aurait été transporté à Bratislava lors du premier vol.

La Slovaquie s'est défendue en assurant qu'aucun des passagers de ce vol ne semblait être sous contrainte.

"La délégation vietnamienne a subi un contrôle policier minutieux, tout le monde avait des passeports diplomatiques, personnes n'était menotté, personne n'a été poussé vers l'avion par la force", a assuré la ministre slovaque de l'Intérieur Denisa Sakova lors d'un débat télévisé dimanche.

La Slovaquie a cependant mis en garde Hanoï contre des conséquences graves dans le cas où les faits mentionnés par la presse allemande se confirmeraient.

Lors d'une rencontre la semaine dernière avec la chancelière allemande Angela Merkel, le Premier ministre slovaque Peter Pellegrini lui a promis de tirer cette affaire au clair.

Un Vietnamien identifié comme Long N. H et possédant également la nationalité tchèque est actuellement jugé à Berlin pour "avoir participé à une opération des services secrets vietnamiens qui a conduit à l'enlèvement" de deux Vietnamiens, selon l'accusation.

Il a loué à Prague la fourgonnette qui a servi à l'enlèvement et a conduit le véhicule à Berlin. Ses avocats assurent qu'il a servi de "pion" aux services secrets vietnamiens qui lui ont demandé de louer le véhicule à des "fins touristiques".

M. Thanh est l'un des nombreux fonctionnaires, banquiers ou hommes d'affaires vietnamiens condamnés ces dernières années dans le cadre d'une vaste opération contre la corruption lancée par les autorités communistes de Hanoï.

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