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Commerce Chine-USA: pourparlers "constructifs", rendez-vous en septembre

Commerce Chine-USA: pourparlers
Le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin (g) le vice-Premier ministre chinois Liu He (c) et le représentant américain au Commerce Robert Lighthizer (d), le 31 juillet à Shanghai, en ChineNg Han Guan

Chinois et Américains ont convenu de se revoir début septembre aux Etats-Unis après des échanges "francs, efficaces et constructifs" mercredi à Shanghai pour tenter d'enrayer leur guerre commerciale, malgré de vives critiques de Donald Trump la veille à l'encontre de la Chine.

Les négociateurs ont abordé des sujets épineux tels que le transfert forcé de technologie, les droits de propriété intellectuelle, de barrières non-tarifaires, a indiqué le service de presse de la Maison Blanche dans un communiqué diffusé mercredi à l'issue des pourparlers.

Selon Washington, "la partie chinoise a confirmé son engagement à accroître ses achats d'exportations agricoles des Etats-Unis".

Les deux pays sont engagés depuis plus d'un an dans un bras de fer commercial qui s'est traduit par l'imposition réciproque de droits de douane punitifs sur plus de 360 milliards de dollars d'échanges annuels.

Lors de la reprise des discussions en face à face, pour la première fois depuis trois mois, les négociateurs ont discuté notamment de "l'augmentation par la Chine de ses achats de produits agricoles américains, en fonction de ses besoins nationaux" et du fait que les Etats-Unis devaient "créer des conditions favorables" à ces achats, avait rapporté plus tôt l'agence Chine nouvelle.

Peu après l'arrivée de la délégation américaine à Shanghai mardi, Donald Trump avait vilipendé Pékin sur Twitter, affirmant que le pays asiatique était censé augmenter ses achats de produits agricoles mais que "rien ne dit qu'ils soient en train de le faire".

"C'est le problème avec la Chine, elle ne fait tout simplement pas" ce qu'elle dit, avait ajouté le bouillant milliardaire, dont les déclarations ont poussé les marchés financiers mondiaux à la baisse.

- "Pas d'accord du tout" -

Mercredi, la presse chinoise a riposté. "Faire des remarques peu constructives au moment de la reprise des négociations commerciales (...) semble être devenu une habitude", a observé dans un éditorial le Global Times, un quotidien anglophone considéré comme proche du pouvoir, assurant que cette "tactique ne fonctionne pas".

"La mélodie est encore perturbée par les bruits de tambour de certains Américains", a regretté le Quotidien du peuple, sans mentionner explicitement Donald Trump.

"Nous sommes heureux que les deux parties soient convenues d'avancer sur les achats de produits agricoles" américains, s'est réjoui pour sa part Jake Parker, de la Chambre de commerce américaine en Chine, rappelant que Pékin était un "partenaire d'une importance cruciale" pour les Etats-Unis.

L'atmosphère semblait plutôt tendue à l'issue de quatre heures de discussions mais le représentant américain au Commerce Robert Lighthizer et le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin ont posé pour les photographes avec le vice-Premier ministre chinois Liu He, un proche du président Xi Jinping, qui dirigeait la délégation chinoise.

Le différend commercial qui empoisonne depuis le printemps 2018 les relations entre Pékin et Washington s'est également étendu au domaine technologique. Le géant chinois des télécoms Huawei a été inscrit au mois de mai sur la liste noire de l'administration américaine pour des raisons de sécurité.

Avant la reprise des négociations, le président américain avait estimé que la Chine jouait la montre et attendait l'élection présidentielle américaine de 2020, en espérant sa défaite. Mais, a-t-il menacé, elle aurait alors un accord "beaucoup plus dur que celui que nous négocions maintenant... ou pas d'accord du tout" s'il remportait le scrutin.

- "De nouveaux risques" -

Donald Trump a également menacé de dénoncer le statut de pays en développement de membres de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), une mesure qui vise prioritairement la Chine.

"Pour l'une ou l'autre partie, il ne sera pas facile d'obtenir ce qu'elle veut" car les Etats-Unis ne semblent "pas pressés" d'en finir avec la guerre commerciale, croit savoir Michael Pettis, professeur de finance à Pékin.

Déjà en pleine campagne, Donald Trump "ne peut pas se permettre politiquement de dire +j'ai conclu un super accord avec la Chine+ alors que ce n'est pas vrai", relève Derek Scissors, expert en relations sino-américaines à l'American Enterprise Institute. "C'est pour cette raison qu'il n'y aura probablement pas d'accord avant les élections".

Le président américain ne cesse de marteler que sa guerre commerciale nuit davantage à la Chine qu'aux Etats-Unis même si les économistes soulignent que l'incertitude entourant l'issue des discussions nuit au climat des affaires et que la guerre commerciale finira par affecter les consommateurs américains, locomotive de l'économie.

Les principaux dirigeants du Parti communiste chinois au pouvoir, réunis mardi, ont mis en garde contre "de nouveaux risques et une pression à la baisse croissante" sur l'économie chinoise.

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