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Enquête russe: Trump prêt à rendre les coups

Enquête russe: Trump prêt à rendre les coups
Le président américain Donald Trump fait une déclaration à la presse, le 10 avril 2019 à la Maison Blanche, à WashingtonSAUL LOEB

L'enquête russe terminée, Donald Trump passe à la contre-attaque: son gouvernement a annoncé mercredi vouloir se pencher sur sa genèse pour vérifier si le FBI n'avait pas "espionné" illégalement la campagne du milliardaire républicain.

Les investigations sur une possible collusion entre Moscou et l'entourage de Donald Trump lors de l'élection présidentielle de 2016 étaient "une tentative de coup d'Etat", a lancé le président américain lors d'un échange avec des journalistes dans les jardins de la Maison Blanche.

"L'enquête a commencé illégalement. Tout cela était une arnaque. Tout. Avec des policiers véreux, des gens mauvais", a tempêté le président républicain, en promettant de rendre coup pour coup.

"Pourquoi contre-attaquer? Parce que je sais à quel point tout était illégal. C'était une mascarade!", a-t-il insisté.

Quelques instants plus tard, son ministre de la Justice, Bill Barr, révélait qu'il cherchait "à rassembler toutes les informations" disponibles sur "les origines et la conduite des activités de renseignement contre la campagne Trump en 2016".

"Je pense que de l'espionnage a eu lieu. La question est de savoir si c'était justifié. Je ne dis pas que cela ne l'était pas, mais je dois vérifier", a-t-il ajouté lors d'une audition au Sénat.

"Espionner une campagne politique est grave", a-t-il poursuivi, sans vouloir en dire plus sur les raisons de son "inquiétude".

Ses accusations ont été vivement critiquées par l'opposition démocrate. "Perpétuer les théories du complot n'est pas du niveau du ministère de la Justice", a notamment tweeté Chuck Schumer, le leader des démocrates au Sénat. "Ce type de discours partisan peut plaire à Donald Trump (...) mais porte un nouveau coup à nos institutions démocratiques", a ajouté le représentant Adam Schiff.

- Abus de pouvoir -

La police fédérale américaine (FBI) avait ouvert dès juillet 2016 une enquête sur les ingérences de Moscou dans la campagne présidentielle avant de s'intéresser aux contacts entre l'entourage du candidat républicain et la Russie.

Les responsables du FBI ont toujours déclaré avoir agi sur la base des éléments à leur disposition et sans motivation politique. Mais Donald Trump a dénoncé sans relâche une "chasse aux sorcières" menée par des démocrates n'ayant pas digéré sa victoire à la présidentielle.

Pour garantir une enquête indépendante, l'ancien chef du FBI Robert Mueller, un homme unanimement respecté, avait été nommé en mai 2017 procureur spécial en charge d'examiner les soupçons pesant sur le président.

Après 22 mois d'investigations scrupuleuses et discrètes, il a rendu le 22 mars son rapport final à Bill Barr, qui a révélé ses principales conclusions deux jours plus tard.

Selon le ministre, le rapport exonère le président de tous les soupçons de collusion et ne contient pas d'éléments justifiant des poursuites pour entrave à la justice.

Depuis, Donald Trump crie victoire et se dit totalement blanchi, même s'il a assuré mercredi ne pas avoir lu le rapport final de Robert Mueller.

Celui-ci devrait être rendu public d'ici une semaine dans une version expurgée de certaines informations sensibles ou compromettantes, a promis Bill Barr.

En parallèle, le ministre de la Justice est en train de monter une équipe pour "vérifier s'il n'y a pas eu un abus de pouvoir" de la part des agences fédérales, a-t-il expliqué mardi devant une commission budgétaire du Sénat.

"Je veux être sûr qu'il n'y a pas eu d'actes de surveillance non autorisé", a-t-il dit. "Je ne pense pas seulement au FBI, mais à toutes les agences de renseignement".

Pour M. Barr, "il y a probablement eu des manquements au sein d'un groupe de responsables dans les échelons supérieurs" de la police fédérale et il pourrait être nécessaire de "regarder de plus près les activités de certains anciens responsables".

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