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Gaza: réunion des dirigeants du Hamas, spéculations sur une trêve avec Israël

Gaza: réunion des dirigeants du Hamas, spéculations sur une trêve avec Israël
Saleh al-Aruri (à gauche) et Azzam al-Ahmad du mouvement Fatah (à droite) au Caire, le 12 octobre 2017KHALED DESOUKI
ISRAEL

La direction du mouvement islamiste palestinien Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, doit organiser vendredi une rare réunion, ont indiqué des responsables sur fond de spéculations sur une trêve avec Israël.

Les tensions restent vives à la frontière entre la bande de Gaza et l'Etat hébreu et comme chaque vendredi, des affrontements ont opposé des soldats israéliens à des manifestants palestiniens, faisant un mort parmi ces derniers.

Ahmed Yaghi, 25 ans, a été tué par un tir de sniper à l'est de la ville de Gaza, a indiqué le porte-parole du ministère de la Santé de la bande de Gaza, Achraf al-Qodra. Au moins 220 personnes ont été blessées lors de ces affrontements près de la barrière de sécurité.

Une source au sein du Hamas, s'exprimant sous couvert d'anonymat, a affirmé que les dirigeants se réuniraient vendredi soir à Gaza pour discuter notamment d'un éventuel accord de cessation des hostilités.

Selon des responsables du Hamas, il s'agit de la première réunion plénière du bureau politique du mouvement islamiste depuis celle tenue au Caire en 2017.

Le numéro deux du Hamas, Saleh al-Aruri, qui a franchi la frontière égyptienne jeudi avec huit autres dirigeants du Hamas basés en dehors de Gaza, assistera à cette réunion, selon les mêmes sources.

M. Aruri, qui vit au Liban, ne s'est jusqu'ici jamais rendu dans la bande de Gaza car il est recherché par Israël, mais il a reçu à cette occasion des assurances égyptiennes et des Nations unies pour sa sécurité, a déclaré un responsable du Hamas.

Ezzat al-Rishq, membre du bureau politique du Hamas, a indiqué vendredi que son mouvement "ne cherche pas la guerre" et est "déterminé a épargner à la population de Gaza un nouveau conflit".

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a annulé une visite prévue lundi en Colombie pour se concentrer sur la situation dans la bande de Gaza.

Israël a de nouveau bloqué jeudi l'approvisionnement en carburant à Gaza, en réponse aux cerfs-volants incendiaires lancés depuis ce territoire palestinien soumis depuis plus de dix ans à un sévère blocus par l'Etat hébreu.

Au moins 158 Palestiniens ont été tués à Gaza par l'armée israélienne depuis le début, le 30 mars, d'un mouvement de protestation contre le blocus israélien et pour le droit des Palestiniens de retourner sur les terres qu'ils ont fuies ou dont ils ont été chassés à la création d'Israël en 1948. Un soldat israélien a été tué le 20 juillet près de la barrière séparant Israël de Gaza.

Un éventuel accord pourrait comprendre une cessation des hostilités entre Israël et le Hamas en échange d'un allègement du blocus imposé par l'Etat hébreu à ce territoire qui subit une sévère crise humanitaire, selon le Hamas et des responsables de l'ONU.

Cela pourrait alors permettre à des donateurs internationaux de financer une série de programmes permettant d'améliorer les réseaux d'adduction d'eau et les infrastructures électriques, très défaillants dans ce territoire où les habitants subissent de longues coupures de courant.

L'accord pourrait également permettre un échange de prisonniers, les médias israéliens laissant entendre que le Hamas pourrait rendre les corps de deux soldats israéliens tués en 2014 à Gaza ainsi que les deux Israéliens présumés en vie et détenus par le mouvement islamiste.

Trois guerres ont déjà opposé le Hamas et Israël depuis 2008.

az-jod-jjm-mib/hj/cmk

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