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Guatemala: l'ex-procureure Aldana renonce à être candidate à la présidence

Guatemala: l'ex-procureure Aldana renonce à être candidate à la présidence

(Belga) L'ex-procureure générale Thelma Aldana, figure de la lutte anticorruption au Guatemala et l'une des favorites pour l'élection présidentielle de juin, a renoncé jeudi à participer au scrutin après avoir vu sa candidature rejetée par la plus haute juridiction de ce petit pays d'Amérique centrale, a annoncé son parti.

"Les objectifs pour mettre un terme à la corruption sont clairs. Nous allons concentrer nos efforts sur la recherche du plus grand nombre de sièges de députés et de mairies" lors des élections du 16 juin, a déclaré Jonathan Menkos, jusqu'ici colistier de Mme Aldana au sein du petit parti de centre-gauche Semilla (graine, en espagnol). Mercredi soir, la Cour constitutionnelle (CC) avait annoncé qu'une majorité de ses sept hauts magistrats avaient voté contre la candidature de l'ancienne procureure, en déclarant nul l'appel introduit par la formation de l'ex-procureure. Début avril, le tribunal électoral du Guatemala avait rejeté une première fois cette candidature. La décision avait ensuite été confirmée par la Cour suprême de justice (CSJ). C'est à ce moment-là que Semilla avait fait appel. L'ex-procureure de 63 ans se trouve depuis la mi-mars au Salvador où elle s'est rendue à l'origine pour travailler à sa stratégie de campagne. Entretemps, elle a fait l'objet d'un mandat d'arrêt après des plaintes d'adversaires politiques sur l'achat présumé irrégulier d'un immeuble pour le Ministère public et la création d'emplois fictifs sous son administration de 2014 à 2018. Mme Aldana va continuer à vivre à l'étranger pour des raisons de sécurité, a fait savoir son avocat, Rootman Pérez. Après la décision de mercredi de la Cour constitutionnelle, le dossier devait revenir désormais devant la CSJ qui aurait dû émettre une décision finale. En cas de nouveau rejet, Mme Aldana aurait pu faire appel une dernière fois devant la CC, mais elle a préféré renoncer. "Il est désormais évident que la lutte contre la corruption et les structures criminelles dans notre pays a un coût très élevé pour ceux qui, comme moi, sont décidés à la mener", avait réagi l'ancienne magistrate sur Twitter à l'annonce de la décision de la CC. En 2015, celle qui était alors procureure générale avait dirigé une enquête révélant un gigantesque réseau de corruption, baptisé "la Linea", conduisant à l'arrestation de 60 personnes, dont l'ancien président Otto Perez, qui venait d'être poussé vers la sortie après trois années au pouvoir. Il a depuis été emprisonné dans l'attente de son procès pour corruption. Mme Aldana a également tenté de lancer une enquête contre le président Jimmy Morales, soupçonné de financement illégal de sa campagne en 2015. Cette requête avait été soutenue par la mission de l'ONU anticorruption et contre l'impunité au Guatemala (Cicig). Le président Morales a engagé un bras de fer avec la Cicig, accusée de violer la souveraineté du pays, après que la mission onusienne eut demandé l'été dernier la levée de son immunité. (Belga)

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