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À Etterbeek, des parents bravent le couvre-feu pour inscrire leur enfant à l'école: "Je croyais que j'étais le premier" (vidéo)

  • Des parents ont bravé le couvre-feu pour inscrire leur enfant à l''école

  • À Etterbeek, des parents bravent le couvre-feu pour inscrire leur enfant à l''école: "C''est honteux"

 
 
 

A cinq mois de la prochaine rentrée scolaire, 2.398 élèves de 6e primaire sont sur liste d'attente en vue de leur inscription en première secondaire, selon des chiffres livrés début avril par la commission interréseaux des inscriptions (Ciri). 

Comme de coutume, c'est en Région bruxelloise que la situation est la plus tendue, avec 1.492 élèves dits "sans école", soit une augmentation de 27% par rapport à 2020. Afin de pouvoir inscrire leur enfant à l'école secondaire, de nombreux parents n'ont pas hésité à braver le couvre-feu imposé par le gouvernement. 

À Etterbeek, une trentaine de personnes faisaient la file devant un établissement scolaire. 

"Je suis arrivé à 4h15 du matin pour inscrire ma fille à l'école. Mais il y avait déjà beaucoup de monde. Je suis 22e dans la file. Il n'y avait que 16 places, mais ça vaut la peine de s'inscrire quand même", a confié un père de famille ce lundi matin.

"Dans les autres écoles, elle est sur une liste d'attente, mais plus longue. On a plus de chance d'obtenir la place", a-t-il expliqué. Ce dernier trouve ça "honteux" de devoir faire la file durant la nuit pour inscrire son enfant dans un établissement scolaire. "Ce qui m'énerve le plus, c'est que les gens qui ont fait ce décret ne se sont jamais remis en question. Ils voient que c'est une situation qui ne marche pas bien chaque année, mais ne se remettent pas en question pour changer quelque chose qui ne va pas bien. Alors on se pose des questions. Pourquoi restent-ils dans cette optique qui n'est pas bonne?", a précisé le Bruxellois.

"Je suis venu vers 2h50 et il y avait déjà 20 personnes devant moi. Je croyais que j'étais le premier", a raconté un autre père.

"J'attends depuis 1h du matin. 'Grâce' au décret inscription, ma fille est sur liste d'attente dans les dix écoles dans lesquelles on peut les inscrire sur le formulaire d'inscription. Comme il restait des places dans cette école-ci, je me suis dit qu'il valait mieux passer au plan B, C, D et peut-être essayer d'avoir une place garantie dans cette école-ci par rapport aux dix autres écoles qui sont placées plus haut dans ma liste de choix personnels. Ici, je suis 6e sur la liste d'attente. Dans les autres écoles, je suis entre la 13e et la 280e position en liste d'attente", a précisé une mère. 

Un millier seulement à Bruxelles

Régie par le célèbre décret Inscriptions, la première phase de la procédure en vue de la rentrée de septembre s'est clôturée le 5 mars dernier. Les écoles ont reçu au total 51.470 formulaires uniques d'inscription (FUI), soit 3.221 de plus (+6,6%) que l'an dernier. Les parents étaient invités à y inscrire l'école ou les écoles de leur choix, mais 4,66% n'ont trouvé place nulle part et figurent dès lors sur liste d'attente.

En région bruxelloise, c'est le cas pour 11,95% des enfants. Comme annoncé dans l'accord de gouvernement arc-en-ciel en FWB, la majorité prévoit de revoir décret inscriptions. Un avant-projet de décret a déjà été approuvé en gouvernement. Il devrait normalement être d'application pour la rentrée de septembre 2022. Celui-ci prévoit une modification des critères d'attribution des places dans les écoles où la demande est plus forte que l'offre. Le nombre d'enfants "sans école" ne devrait toutefois pas changer à l'avenir, mais bien leur mode de sélection. Si de nombreuses écoles sont déjà complètes, il reste toutefois encore plus de 11.000 places dans les autres écoles de FWB, mais un millier seulement à Bruxelles, selon des chiffres dévoilés début avril.

Une source d'anxiété

La liste d'attente des inscriptions en première secondaire est source d'anxiété pour les familles des enfants qui y figurent, affirme l'ASBL Eleves (Ecoles libres efficaces vivantes et solidaires) dans un communiqué le 16 avril. L'association assure que cette "anxiété organisée légalement" s'ajoute à celle générée par la crise sanitaire.

"Une école n'est plus égale à une école, une place n'est plus égale à une place", dénonce l'ASBL. "Cette saga, prévisible et dénoncée dès 2007, se poursuit et ne s'arrêtera pas en 2022, que le nouveau décret Inscriptions soit opérationnel ou non", poursuit l'association. "Le décret en gestation conserve la logique d'un algorithme basé sur une série de critères déterminés par le seul gouvernement (priorités, indice composite, calcul de distance, etc.) et la défiance vis-à-vis des familles et des établissements scolaires, moteur des précédents décrets, reste de mise", écrit l'ASBL Eleves.

Elle affirme par ailleurs que les modifications apportées "seront surtout destinées à alléger le processus auquel sont soumises l'Administration et les écoles". Ce nouveau décret ne permettra pas, selon l'association, "de réduire le nombre de familles dont le choix, parfois arrêté de longue date, est nié, ni n'aider à refonder un pacte avec les parents".

Près de 2.400 enfants sont donc sur liste d'attente en vue de leur inscription en première secondaire. Cela représente une augmentation de près de 30% par rapport à l'an dernier à même époque.

Une  progression dans le Brabant wallon

Les chiffres montrent également cette année une très forte progression (+38%) du nombre d'élèves sur liste d'attente dans le Brabant wallon. Ils sont 177 dans ce cas cette année, contre 128 l'an dernier. Dans le reste de la Wallonie, le nombre d'élèves sur liste d'attente progresse également, de l'ordre de 22%, pour atteindre 702 unités, contre 572 l'année dernière à pareille époque.




 

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