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Un réseau de prostitution de mineures jugé à Bruxelles: la jeune fille ayant dénoncé l'affaire absente du procès par peur de représailles

Un réseau de prostitution de mineures jugé à Bruxelles: la jeune fille ayant dénoncé l'affaire absente du procès par peur de représailles
 
 

C’est un procès pour une affaire particulièrement horrible qui s’est ouvert à Bruxelles ce jeudi matin. Quatre suspects sont poursuivis pour avoir établi un réseau de prostitution de mineures, dont l'organisation fonctionnait à partir de sites d'annonces spécialisées. Trois d’entre eux nient les faits, la quatrième personne a avoué payer les locations, organiser les rendez-vous et récupérer l’argent mais ne reconnaît pas les avoir forcé à vendre leur corps.

C’est une jeune fille de 16 ans qui a dénoncé l’affaire. Elle raconte avoir été forcée à se prostituer. Cette jeune fille n’est pas présente au procès. Cette absence serait provoquée par la peur d’être confrontée aux quatre prévenus qui lui auraient interdit d’assister aux plaidoiries, selon les avocates de la victime présumée. "Ses avocates racontent qu’elle serait aujourd’hui dans un état de peur constante", rapporte notre reporter sur place Laura Van Lerberghe. "Elle aurait régulièrement des crises d’angoisse, ce qui l’a poussée à arrêter sa scolarité depuis trois semaines."

Il y aurait 9 jeunes femmes dont 4 mineures qui seraient concernées par ce réseau de prostitution. La procureure réclame 6 ans d’emprisonnement pour la personne ayant reconnu une partie des faits et un autre prévenu. 

Résumé des faits 

Ce réseau a donc été démantelé en septembre dernier. Après avoir pris rendez-vous via un site de petites annonces spécialisées, les clients se rendaient à Saint-Gilles, dans un appartement Airbnb loué à la semaine. Au moins 4 filles mineures étaient exploitées par un réseau de prostitution géré par quatre personnes dont Tania, à peine 18 ans et considérée comme l’organisatrice. C’est elle qui prenait les rendez-vous, payait les locations et récupérait l’argent.

"Ce sont des faits gravissimes. Elle conteste, expliquait Edy Kiaku, avocat de la suspecte. Elle reconnait que quand elle était mineure, elle s'est livrée à ce genre de faits. Mais aujourd'hui, elle conteste être cette personne à qui on reproche ces faits."

Les trois autres suspects ont une vingtaine d’années. L’un d’entre eux est lié à une bande urbaine, le Negatif Clan. La justice les soupçonne d’avoir forcé les filles mineures à se prostituer en mettant en place un climat de terreur et de violence. "C'est une fille qui va informer ses parents de la situation. Ils vont se rendre au commissariat, déposer plainte et elle va expliquer qu'on l'a obligée à se prostituer. Voilà comment cette enquête va démarrer et aboutir sur le placement sous mandat de différentes personnes."

20/30 clients par jour

Cette jeune fille est âgée de 16 ans. Elle a expliqué aux enquêteurs qu’elle était parfois forcée de faire 20/30 clients par jour. "On se rend compte effectivement qu'il s'agit de jeunes filles qui sont la plupart du temps dans des milieux précarisés, où le sexe est totalement banalisé et le corps totalement libéré, et d'autre part une société de consommation où les jeunes veulent tout tout de suite et facilement, déclare Yahima Kengo, avocate pénaliste. On se rend donc compte que certaines jeunes filles souhaitent de leur propre volonté se prostituer."

Quatre suspects avaient été placés sous mandat d'arrêt. Les enquêteurs avaient indiqué que neuf jeunes femmes, dont quatre mineures, ont été utilisées par le réseau.

Pour dénoncer de tels faits, un numéro joignable 24h/24 : le 116 000.


 

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