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Exit le bio, bonjour le local: une nouvelle stratégie des supermarchés pour attirer les clients?

Vous l'avez peut-être constaté dans votre supermarché, les produits locaux prennent de plus en plus de place. L'inflation a déstabilisé la filière du bio, boudée par les consommateurs, mais pas le local. Le secteur s'est mis à exister de façon plus large depuis la crise sanitaire.

Dans un supermarché visité par notre équipe, un rayon entier est dédié aux produits locaux. Tout est fait pour attirer le consommateur, jusqu'à afficher les photos des producteurs de la région. Dans une autre enseigne, le producteur vient lui-même livrer ses produits. Il faut compter 1.40€ le kilo de pommes de terre. Un prix correct selon le client interrogé par nos journalistes: "C'est un prix juste vu la région, la qualité et les prix de production qui ont augmenté." Il ne croit pas si bien dire, contre toute attente, ce ne sont pas les pommes de terre les plus chères du rayon. Comptez 1,60€ le kilo pour une marque nationale et 1,90€ pour la marque propre.

Le local séduit

Les clients interrogés sont friands du local. "Plus c'est court, mieux c'est" ou encore "Il faut essayer de consommer local un maximum", affirment-ils. Le local, a le vent en poupe et la grande distribution l'a bien compris. Des fruits et légumes à la boucherie, en passant par la boulangerie. Dans ce magasin, il y a 700 références. 

Damien Gallez, coordinateur des ventes, fait visiter la partie boulangerie à nos journalistes: "Nous fabriquons le pain à 100% avec de la farine locale issue du moulin de Statte." Un partenariat récent. Au total, 40 tonnes de farine blanche sont livrées par mois. Cette matière première représente un tiers du prix final d'un pain selon l'enseigne. Mais alors, le pain est-il plus cher? "Pas du tout", répond Damien Gallez. "Ça nous a permis de réduire les coûts en challengeant nos différents fournisseurs et en ayant un produit de qualité et qui soit abordable."

Est-ce rentable pour le producteur?

Notre équipe s'est rendue aux Moulins de Statte. Pour Guy de Mol, propriétaire du moulin, ce partenariat est essentiel quitte à rogner un peu sur ses marges: "Nous rémunérons nos fermiers avec une prime par rapport au marché normal. Quand vous voulez lancer une filière comme ça, il faut faire des efforts. C'est le moulin qui a contracté ses marges aujourd'hui pour être aux mêmes prix que les concurrents."

Mais la situation est temporaire: le moulin souhaiterait, à terme, augmenter le prix d'un pain de 10 à 20 centimes. Au moulin de Statte, la chaîne de production est bien différente que chez un industriel. Le blé passe par dix-sept étapes. Mais le local a parfois ses limites… Dans ce moulin wallon, la moitié du blé vient de Belgique, l'autre moitié des pays voisins. Il y a deux facteurs limitants selon le propriétaire: "Il faut convaincre les agriculteurs de rentrer dans cette filière de production de froment pour la panification et la teneur en protéine de nos blés."

10% des rayons de la grande distribution

La course à l'alimentation locale s'intensifie. Dans certaines enseignes, le local affiche même des progressions de 30%. Tout l'inverse du bio qui décline. Pour autant, selon Pierre-Alexandre Billiet, spécialiste de la grande distribution, ces tendances ne seraient pas forcément corrélées: "Ça pourrait être deux groupes cible différents. On voit néanmoins cette tendance de cette meilleure consommation qui est en train d'émerger à nouveau. Malgré la crise sur le pouvoir d'achat, une certaine partie de la population souhaite consommer durablement, différemment." Pour l'instant, près de 10 % des rayons de la grande distribution sont consacrés aux produits locaux.

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Commentaires

3 commentaires

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  • Pour moi le plus grave est que nous n'avons plus envie d'acheter car tout trop cher et sans quoi invariable dans notre panier .

    Philibert Bernard
     Répondre
  • "la chaîne de production est bien différente que chez un industriel. Le blé passe par dix-sept étapes." C'est quoi la définition d'industriel? Quand un moulin a toute une ligne de production avec 17 étapes, en quoi ce n'est pas "industriel" ? C'est comme avec le BIO, c'est de la manipulation basée sur des préjugés arbitraires, souvent faux.

    Thierry Frayer
     Répondre
  • "Plus c'est court, mieux c'est" Pourquoi? Vous croyez que produire des tomates sous serre chauffée, avec apports d'engrais, en Belgique, c'est mieux que d'importer des tomates cultivées dans des pays chauds? Les études sur le sujet montrent que le transport, c'est négligeable ou presque dans la pollution, et que bien souvent, importer pollue MOINS que de produire dans un climat moins propice!

    Thierry Frayer
     Répondre