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Depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022, les livraisons de gaz via les grands gazoducs russes sont à l’arrêt. Pourtant, le gaz russe continue d’arriver en Europe sous une autre forme : le gaz naturel liquéfié (GNL), transporté par bateau. Et les volumes importés par la Belgique ont même augmenté ces derniers mois.
L’effet inattendu des sanctions européennes
Ce paradoxe s’explique notamment par une mesure européenne entrée en vigueur l’an dernier. L’Union européenne a interdit le transbordement du GNL russe dans ses ports, c’est-à-dire le transfert de cargaisons d’un navire à un autre à destination de pays tiers.
Résultat : une partie du gaz qui transitait auparavant par l’Europe pour être exportée ailleurs se retrouve désormais bloquée sur le marché européen.
« C’est du gaz qui vient avec certains bateaux des mers du Nord qui arrive en Belgique et qui ne peut pas être transbordé vers un autre bateau qui irait par exemple en Asie. Et donc, ce gaz est un petit peu bloqué sur le marché européen et continue à alimenter le marché européen », explique Francesco Contino, professeur à l’école polytechnique de l’UCL.
Un autre élément joue également en faveur de ces importations : le prix. « Il est moins cher et donc très intéressant sans doute pour certains acteurs économiques », ajoute l’expert.
Près d’un quart des importations belges
23 % du gaz importé par la Belgique l’an dernier provenait de Russie. Une partie importante de ces volumes ne fait toutefois que transiter par le territoire belge avant d’être acheminée vers d’autres pays européens. Le gaz russe représente néanmoins encore environ 11 % de la consommation de gaz en Belgique.
Cette situation devrait toutefois prendre fin dans quelques mois. À partir du 1er janvier 2027, toute importation de gaz russe sera interdite sur le territoire de l’Union européenne. Pour autant, les spécialistes se veulent rassurants quant à la sécurité d’approvisionnement.
« Est-ce que ça va être un problème pour notre approvisionnement ? En fait non. D’abord parce qu’on diminue notre consommation tout de même. En Belgique, on a beaucoup de gaz par rapport à ce qu’on consomme. Il y en a beaucoup plus qui peut aller sur le réseau », souligne Francesco Contino.
Selon lui, la meilleure garantie pour l’avenir passe également par une diminution progressive de la dépendance aux énergies fossiles. « Pour miser sur une vraie robustesse pour le futur, non seulement il faut miser sur le renouvelable mais en plus sans doute sur la sobriété et globalement diminuer notre consommation de gaz fossiles. »
























