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Longtemps considéré comme un poisson bon marché, le cabillaud est devenu un produit de luxe, avec un prix en hausse de 44 % depuis 2022, selon le dernier panier RTL info-Testachats. Entre quotas de pêche réduits et coûts en hausse, les professionnels du secteur constatent que les consommateurs se tournent vers des alternatives moins chères. Mais manger du poisson reste-t-il accessible pour tous ?
Dans une poissonnerie, le kilo de cabillaud coûtait 28 euros il y a quatre ans. Aujourd’hui, il flirte avec le seuil des 50 euros. Et ce n’est pas tout : en fouillant dans nos archives, nous avons constaté qu’en 1999, une hausse faisait déjà grincer des dents. Le poisson était passé de 6, à 11 euros le kilo. À l’époque, cela semblait déjà énorme.
« Ça n’avait rien d’extraordinaire »
27 ans plus tard, pour Monique, ces 11 euros semblent presque être une « bonne affaire ». « C’est pour ça que je n’en prends pas, parce que justement le cabillaud c’était ce qu’on prenait habituellement avant et ça n’avait rien d’extraordinaire. Maintenant, il faut payer un prix fou », confie la cliente.
Le cabillaud sauvage, pêché en Islande, arrive ensuite chez Bilal, poissonnier, par avion. « C’est devenu un luxe en fait. On ne va pas aller jusqu’à du caviar mais ça a pris un tournant assez exceptionnel quand même », constate-t-il.
Pour comprendre l’envolée des prix, il faut prendre le large. Afin de préserver les stocks de l’océan Atlantique, l’Union européenne impose des quotas de pêche très stricts. Résultat : moins de cabillaud sur les étals, alors que la demande, elle, reste stable. Conséquence : les prix s’envolent.
« Vous avez aussi la hausse du carburant, et vous avez le troisième facteur qui est la différence entre le cabillaud de ligne et le cabillaud sauvage », explique également Bilal.
Des rayons vides au supermarché
Et la situation est identique au supermarché. Aujourd’hui, le rayon poisson est étrangement vide. Le cabillaud est boudé, sauf pour de grandes occasions.
« Hier, c’était mon anniversaire, et j’ai mangé du poisson », confie une consommatrice. « Évidemment, quand il y a des promotions sur le poisson, on en profite », affirme un autre consommateur.
À sa place, les consommateurs se tournent vers d’autres espèces. Le lieu noir, l’aiglefin ou encore le flétan gagnent du terrain dans les chariots.
Pourtant, les autorités sanitaires continuent à recommander deux portions de poisson par semaine. Mais encore faut-il en avoir les moyens…
























