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"Je débourse 140 euros de taxi par jour": l’assureur de Marika refuse de réparer sa voiture accidentée lors d’une course poursuite

Gyrophare de police en alerte, vitesse folle, carambolages, … Non, ceci n’est pas le dernier teaser d’une nouvelle grosse production cinématographique. Si le 7e art raffole des courses-poursuites entre malfrats et policiers, la fiction rattrape souvent la réalité. Le véhicule de Marika et sa famille en a fait les frais la semaine dernière à Jemeppe-sur-Meuse (Seraing). Mais contrairement à ce qui est montré dans les films, il y a bel et bien des démarches à réaliser pour se voir faire réparer sa voiture. Et parfois, elles ne sont pas aussi si simples que ce qu’on pourrait croire. L’assurance de Marika refuse de l’aider. C’est ce qui a poussé la mère de famille à appuyer sur le bouton Orange de RTL Info.

Habiter en face de deux écoles devrait être gage de sécurité. Grossière erreur d’en arriver à cette conclusion-là dans le cas de Marika. "J’habite en face de deux écoles, mes jumelles de 7 ans et mon garçon de 17 ans y sont scolarisés. Tous les jours, je sors de chez moi vers 15h10, je traverse ma rue et je les attends sur le trottoir de l’école." Une routine bien huilée qui a été perturbée ce 14 octobre. "Ce jour-là, une course-poursuite a eu lieu dans ma rue entre une voiture volée immatriculée française et une voiture de police. La voiture volée a percuté plusieurs véhicules, dont le mien stationné juste devant chez moi."

Avant de parler matériel, ce qui vient tout de suite à l’esprit de Marika, c’est la dangerosité de la situation. "Dans une rue en sens unique et à 80km ! C’est scandaleux. La police et la voiture volée sont même montées sur le trottoir. Il y a plus de 800 élèves qui sortent des deux écoles réunies, cela aurait pu virer en scène dramatique. Sans ma voiture qui faisait barrage, il y aurait eu des morts m’a même dit la police fédérale."

Une fois le choc passé, vient le moment des constats matériels. "Ma voiture ainsi que 4 autres ont été complètement embouties. J’ai fait appel à mon assureur qui aujourd’hui refuse d’intervenir parce que je n’ai pas d’assurance omnium. Il ne veut pas ouvrir de déclaration de sinistre. Mais je suis quand même assurée, je ne comprends pas. Ce n’est pas ma faute si ma voiture est endommagée. Je ne vois pas pourquoi cela serait à moi d’en payer les frais."

Assurance omnium, assurance obligatoire… Que faire lorsqu’on est victime de dommages causés par une voiture volée ?

Tout d’abord, qu’est-ce qu’une assurance omnium ? "Une assurance complémentaire à l’assurance obligatoire. Celle-ci vous indemnise pour tous les dommages occasionnés à votre véhicule que vous soyez responsable ou non", explique Nevert Degirmenci, porte-parole de l’Union professionnelle des entreprises d’assurances. Avec ce type de couverture, pas de questions à se poser. Tout est pris en charge.

Mais si comme Marika, on ne dispose que de l’obligatoire ? "Celle-là ne couvre que les dommages causés à autrui. C’est d’ailleurs pour cela que c’est une assurance obligatoire, il en va de la protection des victimes. Pour la personne qui cause l’accident, elle permet également de ne pas mettre son patrimoine financier en péril." Assurance obligatoire rime donc avec protection des victimes.

Marika, victime de l’histoire, est-elle condamnée à devoir endosser tous les frais ? "Non, tout n’est pas peine perdue", rassure la porte-parole de l’Union professionnelle des entreprises d’assurances. Une solution s’offre à elle dans le cas d’un accident causé par une voiture volée. "Elle peut s’adresser au fond commun de garantie belge (FCGB). C’est un fond qui est alimenté par tous les assureurs automobiles et qui indemnise les personnes qui auraient subi, en autre, des dommages causés par un véhicule volé." Degirmenci précise : "Si la personne dispose d’une assurance protection juridique, elle peut y faire appel pour se faire assister dans les démarches administratives."

Quant à l’assureur qui refuse de lui venir en aide : "Si elle a une assurance auto obligatoire, il est tout à fait normal que son assureur n’intervienne pas, car ce n’est pas une garantie qui est comprise dans son contrat d’assurance. En revanche, son assureur doit pouvoir la renseigner sur les conditions d’accès au fond commun de garantie belge."

En attendant, Marike ne cache pas son impatience. Elle souhaite que la situation se débloque au plus vite. "Ce n’est plus possible. Je suis dans l’obligation de débourser plus de 140 euros par jour de taxi pour pouvoir me déplacer. Et encore, j’ai même dû annuler certains de mes rendez-vous médicaux parce que dépenser plus ce n’est pas faisable."

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