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Rodolphe Burger en solo, le duo formé par Magic Malik (flûte) et Sarah Murciah (contrebasse), Bumcello, Chocolate Genius, Yael Naïm: la 30e édition du festival Musiques de Jazz et d'ailleurs, jusqu'à dimanche à Amiens, échappe plus que jamais à tout classement.
Yael Naïm, si elle a remporté en 2008 une Victoire de la musique dans la catégorie "musiques du monde", désire n'être enfermée dans aucun genre. Avec son fidèle percussionniste David Donatien, sa voix, en hébreu, français et anglais, se promène en toute liberté sur de subtiles ambiances sonores.
Centré sur le jazz pendant une vingtaine d'années, avec une ouverture aux musiques du monde, le festival est parti dans bien d'autres directions depuis 2001 et l'arrivée à sa direction de Pierre Walfisz: électro, électro-funk, hip hop, folk, chanson française décalée.
Ce dernier genre sera symbolisé par le fil rouge de cette édition, Albin de la Simone, qui habille d'orchestrations délicates ses textes poétiques et subtils.
Musiques de jazz et d'ailleurs convie aussi des musiciens de "world music" dans le même esprit d'ouverture, en programmant aussi bien Mamani Keita, dont les chants en bambara se parent de guitares électriques et de boucles électroniques discrètes, que le joueur de kora Lamine Kouyaté, à l'univers très "roots".
Dans cette programmation tous azimuts, le jazz n'est plus qu'une composante. Un jazz hybride et métissé, que défendront plusieurs pianistes, Alain Jean-Marie et son jazz-biguine, Carlos Maza et son jazz onirique nourri de musiques populaires sud-américaines, Bojan Z et son jazz aux effluves balkaniques et aux accents parfois binaires.
Pour cette édition anniversaire, la direction du festival a décidé de laisser le tarif des concerts à la libre appréciation de chaque spectateur. Pierre Walfisz souhaite ainsi "provoquer un petit électrochoc pour remettre en cause les habitudes de consommation passive d?un objet culturel que nous ne souhaitons pas marchand".
