Partager:
Monique Olivier a reconnu mardi devant la cour d'assises les faits commis à l'encontre d'Elisabeth Brichet tandis que Michel Fourniret a continué à se murer dans le silence malgré de nouvelles tentatives de le faire parler de la part du président et de l'avocat du père d'Elisabeth Brichet.
> REGARDEZ LE REPORTAGE DU JT DE 19H
"Ce n'est pas lourd comme réponse. Je sais bien"
Monique Olivier a reconnu qu'elle savait que le sort de la jeune namuroise, âgée de 12 ans, était scellé quand ils l'ont enlevée dans leur voiture à Saint-Servais le 20 décembre 1989. Elle a reconnu avoir pratiqué une toilette intime à Elisabeth Brichet qui était attachée sur un lit en vue de son viol par Michel Fourniret. "Je me rendais compte de la chose, que ce n'était pas bien", a répondu Monique Olivier. Elle a entendu les cris et les suppliques d'Elisabeth. "Je les ai entendus. C'est insoutenable de ne pas avoir réagi", a-t-elle dit. Monique Olivier n'avait pas admis avoir entendu ces cris en début d'instruction. "J'ai dit que je n'avais pas entendu car je ne voulais pas admettre la réalité, que je n'avais rien fait". "C'est horrible, je n'ai rien fait. Je reconnais que ma place est ici. J'ai fort honte", a encore dit Monique Olivier qui ne s'exprime que brièvement, la tête basse. Elle a dit regretter n'être pas intervenue pour toutes les victimes. "Je regrette que cela ait duré si longtemps. Mademoiselle Laville, elle n'aurait pas dû exister", a dit Monique Olivier au sujet de la première des sept victimes. Si elle n'est pas intervenue pour dénoncer son mari, c'est parce qu'elle ne savait que faire avec un enfant, sans formation et sans travail. "Ce n'est pas lourd comme réponse. Je sais bien", a-t-elle dit du bout des lèvres. Et d'ajouter "si j'avais eu une profession. Mais avec des si, on peut faire beaucoup de choses".
"Les famille, je les respecte"
Le président de la cour d'assises, Gilles Latapie, a tenté de faire sortir Michel Fourniret de son mutisme. Mais l'accusé a répété qu'il ne s'exprimerait sur les dossiers que si le huis clos était décrété. Il a simplement concédé quelques réponses. Interrogé sur une déclaration en cours d'instruction où il avait dit qu'il "recommencerait ce qu'il a fait", Michel Fourniret a indiqué que "à mon sens, cela a toujours du sens" et "j'assume les conséquences de ma position". Il a dit qu'il était "le premier à déplorer que Monique Olivier fasse l'objet d'un acharnement général" en raison de son silence mais qu'il ne "reviendra pas sur sa décision". Au président qui lui demandait de répondre pour les familles des victimes laissées dans l'incertitude, il s'est contenté de dire "les familles je les respecte". Me Paul Lombard, avocat de Francis Brichet n'a pas plus réussi à faire parler Michel Fourniret, n'obtenant même pas de réponse quand il demandait à l'accusé s'il aimait ses enfants. "Je ne vous ai pas tendu la main car la vôtre dégouline de sang. Je n'ai plus aucune question. Je ne vous parlerai plus jamais," a conclu l'avocat, la voix tremblante.
La cour d'assises se penchera mercredi sur l'enlèvement et le meurtre de Natacha Danais.
