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GP de F1 de Chine: les diffuseurs, énième accroc règlementaire

La polémique a été très vive jeudi à Shanghai autour de l'aérodynamique des Brawn GP, Toyota et Williams, que la Fédération internationale de l'automobilie (FIA) a déclaré conforme mercredi, marquant un énième mélodrame autour du règlement de la Formule 1.

Mercredi, la Cour d'appel de la FIA a validé les diffuseurs (ou extracteur, un élément aérodynamique améliorant les appuis des monoplaces) de ces trois écuries, au grand dam de Renault, Red Bull, Ferrari et BMW Sauber, qui niaient leur conformité au règlement 2009.

L'impact financier de cette décision est "énorme", de l'ordre de "10 millions d'euros" par équipe, a tempêté le patron de Renault, Flavio Briatore. "Il n'y a pas que le diffuseur, mais tout le package aérodynamique" à revoir, a-t-il expliqué.

Renault, qui s'était déjà penché sur cette solution en 2008, part toutefois avec une marge d'avance sur les autres écuries, a indiqué Briatore, le R29 devant disposer de son propre diffuseur dès samedi, à la veille du GP de Chine dimanche.

"L'année dernière, Renault voulait faire à peu près la même chose (au niveau des diffuseurs) et on avait été stoppé par la FIA", a regretté le bouillonnant Italien, dont l'écurie a travaillé d'arrache-pied la semaine dernière pour trouver une solution.

"Un problème comme ça, on doit le résoudre avant le premier Grand Prix", a affirmé l'Italien, appelant à plus de clarté dans le règlement. "Il faut que ce soit noir ou blanc. Si c'est gris, il faut prendre une décision pour tout le monde", a-t-il notamment déclaré.

Mais "là, c'est toujours du bricolage, du compromis. Ce n'est pas ça la F1", a regretté Briatore.

"La décision (de la Cour d'appel) avait déjà été prise à l'avance. La Cour a rendu son jugement dès le lendemain matin", a regretté son alter ego chez Ferrari, Stefano Domenicali, ajoutant qu'un tel scénario était "mauvais pour l'image de la F1".

Ferrari met tout en oeuvre pour solutionner le problème. "Mais à cause du diffuseur, il faut changer tout l'arrière de la voiture. Cela va prendre du temps", a affirmé Domenicali, espérant voir un nouveau diffuseur pour la GP d'Espagne début mai.

Les écuries bûchent donc sur une solution, et leurs pilotes s'alarment. Pour Fernando Alonso, "les voitures qui ont déjà le diffuseur sont bien plus rapides que nous. Il va nous falloir du temps pour réduire l'écart".

"Le diffuseur n'est pas quelque chose de magique, qui va faire que nous serons plus rapides dès que nous le mettrons. (...) J'espère que le Championnat n'est pas joué. Mais dans les courses qui vont venir, ceux qui ont le diffuseur prendront encore beaucoup de points. Il nous sera difficile de revenir", a-t-il souligné.

"Le diffuseur est un nouveau domaine, qui nous permettra d'avancer très vite, alors que ceux qui l'ont déjà avanceront plus lentement", a toutefois modéré l'Espagnol.

Nico Rosberg, dont la Williams dispose du sien, est d'un tout autre avis. "Cela prendra beaucoup de courses aux autres équipes pour essayer de faire marcher leur voiture avec cette sorte de diffuseur. Il n'est pas acquis qu'ils réussiront à le faire marcher. Ce n'est pas aussi limpide", a-t-il commenté.

Robert Kubica, dont la BMW Sauber s'est montrée décevante les deux premières courses, n'attend de son côté "pas de miracle" ni "que la physionomie des deux premières courses change".

Le Grand Prix de Chine se disputera dimanche à Shanghai.

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