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"Merci Patron", "Moi Daniel Blake": quand le cinéma fait le procès du capitalisme

Dans sa chronique Bel RTL éco ce matin, Bruno Wattenbergh a commenté l'économie au cinéma après avoir découvert en avant-première "Merci Patron" et visualisé quelques extraits du dernier film de Ken Loach présenté à Cannes... 2 films et 2 histoires sur la violence que peut avoir le capitalisme sur des citoyens qui ne comprennent pas ce qui leur arrive.

Merci Patron, Moi Daniel Blake, l’année passée La loi du marché, ces trois films racontent la violence que peut avoir le capitalisme vis-à-vis des plus faibles. Parce que l’économie concerne de plus en plus de gens, qu’elle impacte négativement de plus en plus de citoyens, qu’elle clive la société aussi, entre ceux qui sont armés pour s’en sortir parce qu’ils ont les bons diplômes, les bons savoirs, une éducation entrepreneuriale, et ceux qui ont fait les mauvais choix, les mauvais paris, ou tout simplement qui n’ont pas grandi dans le milieu où l’on vous prépare à cette méritocratie grandissante. Rien d’anormal à que le cinéma, qui n’est que le miroir de la société, s’empare de sujets économiques.

Ces films sont en quelque sorte une condamnation du capitalisme, mais existe-t-il une alternative crédible au capitalisme? Que ce soit à Cuba ou en Chine, ou plus récemment au Venezuela... Mélenchon en France citait encore le Venezuela l’année passée comme un exemple à suivre, on voit ce que cela donne aujourd’hui. Non, c’est plus le procès du néo-libéralisme, du capitalisme décomplexé qui est dressé dans ces films ou encore le procès de la banalisation de l’humain à partir du moment où il n’est plus un facteur employable. Ce qui nous rappelle que si le capitalisme est et reste le moins mauvais des systèmes économiques, il doit être compris, encadré, régulé.

Que retenir de ces deux films ?

Qu’il faut aller voir Merci Patron et Moi Daniel Blake, même et surtout si vous êtes manager, actionnaire ou mandataire politique. L’économie, dans un pays vieillissant et endetté comme le nôtre, dicte une bonne partie du rythme de la politique. Il faut donc comprendre cette économie, ce qui la nourrit, ce qui lui permet de répondre aux enjeux environnementaux, aux enjeux de santé, ce sont des entrepreneurs qui répondent à ces enjeux et leur enrichissement est un facteur non négligeable de motivation. Bref, nous avons besoin d’entreprises qui réussissent, car c’est elles qui résolvent une partie des enjeux de société et surtout qui créent des emplois.

Attention toutefois, ces films font une photo dénonciatrice et c’est très bien: ce qu’ils décrivent est détestable et doit faire réfléchir ceux d’entre nous qui ont un peu de pouvoir dans l’entreprise. Mais ils n’expliquent aucunement la logique qui a engendré ces situations, les facteurs qui l’amplifient, la responsabilité individuelle, la responsabilité scolaire... mais surtout, ils ne proposent aucune alternative crédible, réaliste. Et c’est finalement cela qui fait le plus peur: s’il n’y a pas d’alternative crédible explicable à ces douloureuses images, la porte est ouverte à tous les extrêmes, de gauche comme de droite.

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