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Les recherches se poursuivaient dimanche près de l'île espagnole de Perejil au large du Maroc pour retrouver des dizaines d'immigrés africains portés disparus depuis le naufrage samedi de leur embarcation, qui a coûté la vie à huit personnes selon un bilan provisoire.
"Les opérations de secours ont repris ce matin à 08H00 (06H00 GMT), après avoir été suspendues samedi dans la soirée en raison de l'obscurité", a déclaré à l'AFP une porte-parole du gouvernement régional de Ceuta, qui a maintenu le dernier bilan officiel encore provisoire, faisant état de huit morts et onze rescapés.
Ce naufrage est "l'un des pires drames de l'immigration de l'année" en Espagne, a ajouté cette porte-parole.
"Les chances de retrouver des rescapés sont infimes d'autant qu'une majorité des clandestins ne sait pas nager", a indiqué une porte-parole des secours maritimes espagnols.
Samedi, très tôt dans la matinée, une embarcation pneumatique avec à son bord 42 immigrés probablement nigériens et sénégalais selon une source sécuritaire marocaine, 60 selon la Croix Rouge espagnole, a fait naufrage pour une raison encore inconnue alors qu'elle tentait d'atteindre les côtes espagnoles.
Deux hypothèses retiennent l'attention des enquêteurs marocains, celle d'une collision avec un autre bateau ayant pris la fuite ou celle d'une forte houle qui a fait chavirer l'embarcation.
Seules onze personnes, dont quatre femmes, ont pu être secourues, a indiqué le gouvernement régional de Ceuta, qui n'était pas en mesure de chiffrer le nombre exact de personnes disparues.
D'après des témoignages de rescapés rapportés par la presse espagnole, plusieurs femmes enceintes et des bébés se trouvaient à bord de l'embarcation.
D'importants moyens, aériens et maritimes, sont mobilisés pour tenter de retrouver des survivants. La marine marocaine, les services de secours en mer de Tarifa (sud), la garde civile et la Croix Rouge espagnole participent aux opérations. Un bateau de l'armée espagnole s'est également joint aux recherches.
Les zones de recherche ont été étendues un peu plus loin vers les côtes espagnoles notamment aux environs de Ceuta et de Tarifa, selon des secouristes marocains.
Un fort vent souffle actuellement au nord du Maroc d'ouest en est, pouvant entraîner un déplacement des corps des disparus causé par les courants marins vers les côtes espagnoles, selon la même source.
Parallèlement aux secours en mer, des équipes de la gendarmerie marocaine et des forces auxiliaires dépendant du ministère marocain de l'Intérieur, ont mené dimanche une opération de ratissage dans la forêt dense de Benyounch à la recherche "des clandestins africains qui pourraient se terrer encore" avant leur départ vers l'Espagne.
Samedi, la garde civile espagnole a remis les corps des huit morts et les onze survivants aux autorités marocaines avant leur acheminement en fin de journée à Tanger, le grand port marocain du détroit de Gibraltar.
Sept des onze rescapés ont été présentés dimanche au parquet de Tanger (nord du Maroc) et pourraient être maintenus en détention jusqu'à la fin de l'enquête, selon une source proche de l'enquête.
Les quatre autres rescapés étaient toujours hospitalisés dimanche à Tanger.
Un enquêteur marocain a indiqué que les "onze rescapés et les huit personnes décédées dont une femme enceinte, pourraient être de nationalité sénégalaise et nigérienne".
Les flux migratoires d'africains subsahariens vers les enclaves espagnoles de Melilla et Ceuta, portes d'entrée dans l'Union européenne, ont drastiquement diminué depuis 2006 avec le renforcement de la surveillance côté marocain.
La crise économique qui frappe durement l'Espagne, a également freiné ces tentatives.
