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Les Français soupçonnés de fraudes sur la pêche au thon rouge

Les pêcheurs français, principalement de la Méditerannée, soupçonnés d'avoir massivement fraudé pour dépasser leur quota de prises de thon rouge autorisé en 2007, font l'objet d'une enquête du ministère de la Pêche.

La direction des pêches maritimes et de l'aquaculture (DPMA) a demandé l'ouverture d'une enquête administrative sur les soupçons de fraude ayant conduit à un important dépassement du quota de pêche au thon rouge accordé aux pêcheurs français (5.593 tonnes en 2007), a-t-on appris jeudi auprès du ministère français des Pêches.

"Une enquête des directions régionales de Marseille et de Sète de la DPMA est en cours sur cette affaire", a déclaré un responsable du ministère.

L'hebdomadaire spécialisé, Le Marin, a fait état dans son édition de vendredi de "dépassement de quotas, de ventes sous de fausses apellations et de blanchiment de captures".

Selon le directeur des Pêches au ministère, Christian Ligeard, cité par Le Marin, "la fraude pourrait dépasser le millier de tonnes de thon rouge".

"Les comportements de certains professionnels décrébilisent la profession dans son ensemble", a déploré Hubert Carré, directeur du Comité national des pêches maritimes et des élevages marins (CNPMEM), l'organisme regroupant l'ensemble des marins-pêcheurs.

Selon des sources aux affaires maritimes dans la région méditerranéenne, des thoniers français auraient fait de fausses déclarations de pêche de thon rouge pêché en réalité par d'autres bateaux européens.

Les thoniers soupçonnés auraient accepté de déclarer cette pêche à leur compte, sous quota français, et contre rétribution, n'ayant pas trouvé eux-mêmes du thon rouge cette saison.

Le président du Syndicat des thoniers méditerranéens, Mourad Kahoul, n'était pas joignable pour commenter ces informations.

D'autre part, "des thoniers de France, d'Italie, de Tunisie et de Turquie opèrent des bateaux sous pavillon libyen avec un partenaire libyen", selon un expert international spécialiste du dossier qui a souhaité garder l'anonymat.

En Bretagne, la gendarmerie maritime de Lorient (Morbihan) aurait également déclenché une enquête sur le dépassement du quota de 644 tonnes dont disposent les pêcheurs de l'Atlantique, selon Le Marin. Outre des débarquements incontrôlées, les pêcheurs de l'Atlantique auraient commercialisé du thon rouge sous de fausses appellations.

Aucune source officielle en Bretagne n'a souhaité confirmer cette information.

Sept pays européens, dont la France, que Bruxelles accuse d'avoir fourni des informations insuffisantes sur leurs captures de thon rouge, avaient reçu fin septembre des lettres de mise en demeure de la Commission européenne.

L'Union européenne a mis fin prématurément, le 19 septembre, à la pêche au thon rouge pour 2007, alors que cette espèce très prisée des consommateurs, avec la mode des "sushis", voit ses réserves s'amenuiser dangereusement.

L'Italie et la France avaient d'elles-mêmes arrêté au cours de l'été.

Le thon rouge faisant partie des espèces de poissons grands migrateurs, sa pêche est gérée dans le cadre de la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l'Atlantique (CICTA)

Mais victime de son succès, il reste menacé d'extinction par une pêche excessive.

Depuis une quinzaine d'années, la demande de thon rouge de Méditerranée ne cesse de croître en Asie. Du coup, les prix ne cessent d'enfler. Le kilo de thon rouge atteint 25 ou 30 euros dans les poissonneries européennes.

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