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La pression politique s\'est accentuée pour la mise hors la loi du parti indépendantiste basque ANV, considéré comme proche de Batasuna --le bras politique de l\'ETA--, après l\'assassinat de deux gardes civils par un commando présumé du groupe indépendantiste basque armé en France.
Le ministre de l\'Intérieur Alfredo Pérez Rubalcaba a reconnu qu\'Eusko Abertzale Ekintza-Action nationaliste basque (EAE-ANV) était aujourd\'hui \"plus proche de l\'interdiction\" et risquait de finir comme Batasuna, mis hors la loi en 2003 par la justice espagnole pour ses liens avec le groupe basque armé ETA.
Le principal parti d\'opposition, le Parti populaire (PP, droite) a exigé avec insistance ces derniers jours l\'interdiction d\'ANV qui s\'est toujours abstenu de condamner les attentats commis par l\'ETA depuis la rupture de sa trêve en juin 2007.
Vieux parti indépendantiste fondé en 1930, cofondateur en 1978 d\'Herri Batasuna, le prédécesseur de Batasuna, ANV était jusqu\'au printemps un parti sans activité visible.
Il est sorti de sa léthargie pour participer aux élections locales au Pays Basque (nord) et municipales et régionales en Navarre (nord) de mai, alors que Batasuna n\'avait pas droit d\'y prendre part.
Ce réveil soudain a attiré les soupçons des autorités espagnoles. Mais après examen la justice avait décidé de ne pas interdire le parti, notamment parce que, dans ses statuts, il rejette la violence.
La justice espagnole avait toutefois interdit près de la moitié des listes de candidats présentées par ANV, en raison de la présence de membres de Batasuna.
Ces derniers jours, la demande d\'interdiction s\'est faite plus pressante, après l\'attaque d\'un commando présumé de l\'ETA, samedi à Capbreton dans le sud-ouest de la France, qui a coûté la vie à deux gardes civils.
\"C\'est le moment de dire non à toute forme de négociation avec le groupe terroriste ETA et d\'interdire l\'ANV (...) pour qu\'ils quittent les conseils municipaux et ne puissent pas se présenter aux prochaines élections\", a déclaré mercredi le chef de l\'opposition, Mariano Rajoy, président du PP.
Le chef de l\'exécutif socialiste, José Luis Rodriguez Zapatero a réitéré mercredi depuis Naples où se tenait un sommet Italie-Espagne, son rejet de toute nouvelle négociation avec l\'ETA après l\'échec de sa tentative de dialogue avec le groupe armé en 2006.
\"Depuis la rupture du cessez-le-feu par l\'ETA, il n\'y a aucune perspective de dialogue, l\'unique perspective est l\'arrestation des terroristes, leur mise à disposition de la justice et leur condamnation\", a martelé M. Zapatero.
Parallèlement, le juge madrilène Baltasar Garzon a indiqué qu\'il écartait pour l\'heure la suspension immédiate d\'ANV mais que la police rédigeait actuellement un rapport sur ce parti en raison de nouveaux éléments mis au jour lors de l\'arrestation de la direction de Batasuna, début octobre.
Le ministre de la Justice, Mariano Fernandez Bermejo a assuré de son côté qu\'ANV serait interdit s\'il y avait des \"preuves\" d\'une \"connexion avec l\'ETA\".
ANV, qui s\'est abstenu de condamner l\'assassinat des deux gardes civils, accuse le parti socialiste espagnol d\'avoir \"activé tout sa machinerie politique et judiciaire pour le mettre hors la loi\".
Le parti est victime d\'un \"lynchage\" et d\'une \"persécution\", a déclaré mardi son porte-parole, Arantza Urkaregi.
L\'interdiction d\'ANV est perçu par beaucoup en Espagne comme l\'aboutissement logique de la démarche du pouvoir judiciaire qui après avoir mis en prison le leader de Batasuna, Arnaldo Otegi en juin pour \"apologie du terrorisme\", a incarcéré en octobre la grande partie de la direction de ce parti indépendantiste.
