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Le mécanisme est désormais bien connu. Un adolescent échange en ligne avec un faux profil, souvent présenté comme une jeune femme séduisante. Après plusieurs jours de conversation, la confiance s’installe et le jeune finit par envoyer des photos ou vidéos intimes. C’est alors que débute le chantage.
Tom, 15 ans, a vécu cette situation. « Elle a menacé de partager la vidéo enregistrée avec tous mes amis Facebook. En échange de la vidéo, elle exigeait de l’argent », explique-t-il.
Des chiffres en forte hausse
Cette année, Child Focus recense déjà 350 dossiers de sextorsion. Plus de neuf victimes sur dix sont des garçons. Ces adolescents, explique Nadège Bastiaenen, directrice prévention, sont « en pleine construction identitaire, à la recherche d’informations et d’exploration sexuelle ». Elle ajoute : « Les garçons ont souvent plus peur de demander de l’aide. Ils sont moins enclins à aller vers des services d’assistance. Les auteurs, qui le savent très bien, vont donc davantage cibler les garçons ».
L’IA au service des escrocs
L’évolution technologique renforce encore le phénomène : l’intelligence artificielle permet désormais aux auteurs de créer des images de femmes extrêmement réalistes pour attirer leurs victimes.
Pour Child Focus, la priorité est claire : il ne faut surtout pas céder au chantage. « Payer ne va jamais résoudre la situation. Ça va même souvent l’aggraver, parce qu’ils voudront souvent plus d’argent et plus d’images. Ce qui est très important c’est surtout d’en parler », insiste Nel Broothaerts, directrice générale de la fondation.
Une campagne pour sensibiliser
Avec sa nouvelle campagne baptisée Payboy, Child Focus veut alerter les adolescents sur les risques d’extorsion sexuelle. Le phénomène connaît une hausse de 30 % en un an, confirmant une tendance particulièrement inquiétante en Belgique.

















