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Prix des carburants: pourquoi le bioéthanol n'est pas vendu en Belgique ?

Les prix des carburants se sont envolés ces derniers mois. En France, les ventes de bioéthanol, beaucoup moins cher que l'essence ou le diesel, ont augmenté. Pourquoi n'est-il pas commercialisé chez nous ?

Maubeuge, dans le nord de la France. Embouteillage devant une pompe à essence à quelques kilomètres de la frontière franco-belge. Dans la file, de nombreuses plaques belges, dont celle de David. Il est venu de Fontaine-L'Evêque pour faire le plein de bioéthanol. "0,69 cent le litre. Voilà, il n'y a pas photo !", lâche-t-il tout sourire. 

Dans cette pompe de Maubeuge, l'éthanol coûte presque un euro de moins que l'essence 95. Imbattable, à condition de posséder un véhicule compatible avec ce type de carburant.



Dans le garage de Gilles, on installe des boîtiers qui permettent aux moteurs essence de fonctionner avec du bioéthanol. "Un boîtier va faire la transition et augmenter le temps d'injection d'environ 20% ce qui va permettre de faire la gestion correcte de vos injecteurs", explique-t-il.  

Mais qui dit temps d'injection plus long, dit consommation plus importante. Une voiture à l'éthanol brûle 20% de carburant en plus en moyenne. La pose du boîtier a également un coût: entre 700 et 2.000 euros.

Néanmoins, les clients français sautent le pas en ce moment. Dans le garage de Gilles, les ventes ont été multipliées par sept en un an. "Pour rentabiliser un boîtier comme ça dans les 699 euros, il faut environ neuf mois", informe-t-il un boîtier à la main.

Les regards déjà tournés vers l'électrique

Alors si ça marche en France, pourquoi pas chez nous en Belgique ?  Le gouvernement précédent avait ouvert la porte à la commercialisation des bioéthanols sur notre territoire. La ministre de l'Energie actuelle l'a refermé. Selon elle, ces carburants produits à base de blé ou de betteraves feraient augmenter les prix des denrées alimentaires. Installer du bioéthanol dans les pompes belges demanderait également des investissements conséquents. Tinne Van Der Straeten indique d'ailleurs que: "Ça coûte quand même de l'argent et vu l'électrification de nos voitures qui est déjà en route, c'est peut-être aussi un investissement qui n'est plus très sage aujourd'hui. En tout cas, c'est une fausse bonne idée."

Au début de l'été, l'Union européenne a acté la fin des moteurs thermiques pour 2035. D'ici là, pour les rares Belges qui roulent à l'éthanol, il faudra traverser la frontière et espérer que la France maintienne son régime de taxation très favorable. Dans l'hexagone, l'éthanol et cinq fois moins taxé que l'essence.