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La Wallonie va cesser de distribuer de l'argent public "aveuglément": "Il faut arrêter l'hélicoptère-money"

 
 

Jean-Luc Crucke, ministre wallon des finances et du budget, était l'invité de Fabrice Grosfilley vendredi matin. Il y a deux rendez-vous importants pour le gouvernement wallon dans les prochains jours: ce week-end, il y a une mise au vert pour parler de 'Get Up Wallonia' (plan de relance de l'économie wallonne) ; et lundi le gouvernement entre en conclave budgétaire.

Combien d'argent faut-il trouver ?

"Il faudra trouver de quoi reconstituer les marges épuisées. On avait prévu 700 millions d'euros pour (gérer les conséquences) du covid sur l'ensemble de l'année, or ils seront consommés au bout du premier semestre"

Les 700 millions sont déjà mangés, on va devoir en remettre combien pour la suite ?

"Il faut être prudent, et il vaut mieux prévoir assez que pas assez. Il faut reconstituer cette marge de 700 millions". Donc ça fera 1,4 milliard d'euros dépensé à cause du covid en Wallonie en 2021. "C'est ce que coûte le covid si on se projette fin de l'année".

On va donc devoir faire des économies ailleurs ?

"Le problème n'est pas de faire des économies. Il faut même investir aujourd'hui, et beaucoup, tant que le privé n'a pas pris le relais. C'est l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) et la Banque centrale européenne, ce n'est pas que moi. Mais il y a du bon et du mauvais investissement. C'est comme le cholestérol. Il faut de l'investissement productif, qui crée de la richesse économique, sociale, climatique. Il faut éviter le mauvais investissement, il faut arrêter l'hélicoptère-money, ça je serai intransigeant". L'hélicoptère-money, c'est le fait d'arroser tous les secteurs. "Et de les arroser aveuglément. Vous avez une série de zombies, qui déjà étaient défaillantes avant, et qui maintenant survivent" grâce aux aides financières covid. "On ne peut pas continuer comme ça, il faut clairement cibler les investissements", conclut le ministre du budget.

Pas de grandes économies annoncées pour l'instant, "ça n'est pas le moment, sinon on mettrait à mal tout ce qu'on fait au niveau de la relance depuis des mois". Plus tard, quand la situation sera de nouveau 'normale', "il faudrait revenir à un contrôle budgétaire".


 




 

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