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Zone euro: Brexit et tensions avec Trump pèsent sur la croissance en 2018

(Belga) Le Fonds monétaire international a abaissé mardi sa prévision de croissance pour la zone euro en 2018, plombée par les tensions commerciales avec les USA et les inquiétudes liées au Brexit.

L'Institut basé à Washington prédit désormais une hausse du Produit Intérieur Brut (PIB) de la zone de 2% cette année, contre 2,2% prévu le 19 juillet. C'est la deuxième fois qu'il procède à une révision pour 2018: en avril, il tablait sur 2,4%. "Une croissance plus lente des exportations après une forte poussée au dernier trimestre 2017 a notablement contribué au ralentissement de la zone euro" cette année, constate le FMI dans son nouveau rapport. L'an passé, l'ensemble des 19 pays ayant adopté la monnaie unique avait vu le PIB total de la zone augmenter de 2,4%. "Ces chiffres de croissance plus modérés s'expliquent en partie par une forte augmentation de l'incertitude politique", a commenté Maurice Obstfeld, économiste en chef du FMI, qui n'écarte pas "le risque d'un échec possible des négociations sur le Brexit" entre le Royaume Uni et l'UE. Pour l'an prochain, le FMI maintient toutefois sa projection à 1,9%, comme il l'avait annoncé en juillet. Il insiste d'ailleurs sur le fait que la "croissance devrait rester solide" malgré la relative langueur des exportations. Pour appuyer ce pronostic, il cite "la solide consommation des ménages et les créations d'emplois", ainsi que la politique monétaire de la BCE, qui devrait arrêter très progressivement son arsenal de soutien à l'économie. La première victime de la guerre commerciale avec le président américain, Donald Trump, est l'Allemagne, dont la croissance est une nouvelle fois revue à la baisse, après avoir déjà été corrigée en juillet. La première économie de la zone euro verra son PIB croître de 1,9% en 2018, comme en 2019, après 2,5% en 2017, selon le FMI. En juillet, il tablait encore sur 2,2% en 2018 et 2,1% en 2019. La France, seconde économie de la zone euro, voit elle aussi ses prévisions dégradées mais un peu moins nettement. Désormais, le FMI anticipe une croissance de 1,6% en 2018 et 2019, après 2,3% en 2017. En juillet, le Fonds tablait sur 1,8% en 2018 et 1,7% en 2019. Quant au Royaume-Uni, qui a encore admis lundi qu'il restait toujours de "gros problèmes" à résoudre dans les négociations avec Bruxelles sur la sortie du pays de l'UE, prévue le 29 mars, le FMI a laissé ses prévisions inchangées par rapport à juillet. Après une croissance à 1,7% en 2017 dans ce pays, le Fonds anticipe 1,4% cette année et 1,5% l'an prochain. (Belga)

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