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Attentats à Bruxelles - deux ans après - Les prisons belges comptent 237 détenus suivis par la "cellule extrémisme"

(Belga) Parmi les personnes incarcérées en Belgique, 237 sont actuellement suivies par la "cellule extrémisme", créée en 2015 au sein de l'administration pénitentiaire. Il s'agit des personnes condamnées, en détention préventive ou internées à la suite de faits en lien avec le terrorisme, mais aussi des prisonniers connus pour leur radicalisation religieuse, bien que celle-ci ne soit pas la cause de leur séjour derrière les barreaux. Seuls ceux considérés comme les plus influents, soit 22 à ce jour, sont écroués dans des sections spécialisées.

La grande majorité des détenus ne sont pas radicalisés sur le plan religieux. La prison, on le sait, est néanmoins un terreau potentiel pour les idéologies extrémistes, comme le montre le passé de nombreux terroristes. Pour éviter un effet boule de neige, le gouvernement fédéral a mis au point en 2015 un plan d'action contre la radicalisation en prison. Depuis ce plan, lancé après les attentats de Paris et avant ceux de Bruxelles, des agents de la Sûreté de l'Etat sont chargés spécifiquement de recueillir des informations sur la radicalisation en prison. Sur la base de ces informations, du parcours juridictionnel des détenus, des observations dans les prisons elles-mêmes ou d'autres organismes, une liste d'individus à suivre est établie. Elle comprend actuellement 237 noms dont la "cellule extrémisme" réévalue régulièrement le profil, selon l'administration pénitentiaire. Ces personnes sont pour la plupart réparties dans les sections ordinaires des différentes prisons du pays. Mais si on les suspecte de "contaminer" leur entourage, elles peuvent être placées dans un établissement doté d'"équipes satellites" composées notamment d'un assistant social et d'un psychologue qui offrent un suivi individuel renforcé (c'est le cas à Gand, Bruges, Saint-Gilles, Andenne et Lantin). Pour les recruteurs jugés particulièrement dangereux, deux sections spécialisées dites "D-Rad:ex" ont été instaurées, à Hasselt et Ittre (dotées de 20 places chacune). Les prisonniers y sont seuls en cellule, n'ont pas de contact avec les détenus des autres sections et subissent des contrôles plus fréquents qu'ailleurs. Actuellement, la section D-Rad:ex de la prison d'Ittre compte 14 détenus et celle de Hasselt 8, d'après l'administration pénitentiaire. Les autres prisonniers suivis par la "cellule extrémisme" sont répartis dans tous les établissements, au premier rang desquels celui de Saint-Gilles (22 radicalisés). - Pas de déradicalisation sans consentement - Le personnel des équipes satellites et des sections D-Rad:ex, les conseillers islamiques ainsi que tous les nouveaux agents de surveillance en service depuis fin 2016 ont reçu une formation sur les signes de la radicalisation et sa prise en charge. La plupart des agents pénitentiaires ne sont toutefois pas encore formés sur ce thème, même si un module spécifique y est consacré dans le cadre de la formation permanente. Au-delà de la gestion des détenus radicalisés, le plan fédéral veut aussi faire des prisons un lieu de déradicalisation. Répartition des compétences oblige, ce sont cependant surtout les Communautés qui ont la main sur ce point. Début 2017, la Fédération Wallonie-Bruxelles a lancé son "Centre d'aide et de prise en charge des personnes concernées par le radicalisme et les extrémismes violents" (Caprev). Depuis lors, celui-ci a ouvert 87 dossiers d'accompagnement, d'après l'administration générale des Maisons de justice. La majorité de ces dossiers concerne des détenus ou des justiciables non incarcérés (sous surveillance électronique, en mise à l'épreuve, etc.). Le Caprev intervient toujours à la demande du bénéficiaire. Il peut être sollicité par exemple par un condamné qui a l'obligation de suivre un parcours de désengagement pour ne pas retourner en prison, mais c'est le justiciable qui doit initier la démarche. De même en prison: aucun détenu n'est pris en charge par le Caprev contre sa volonté. (Belga)

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