Il filmait sa belle-fille sous la douche: qu'a décidé le tribunal de Charleroi?

Il filmait sa belle-fille sous la douche: qu'a décidé le tribunal de Charleroi?

Le tribunal correctionnel de Charleroi a condamné mercredi Jean M. à 6 mois de prison avec sursis, pour des faits de mœurs commis à l'égard de sa belle-fille. Il avait filmé cette dernière sous la douche et lui avait volé des photos intimes pour les lui renvoyer, accompagnées d'une photo de son sexe en érection. Le juge a estimé que les faits relevaient du voyeurisme et non de l'attentat à la pudeur.

Les faits ont été révélés en mai 2014 lorsque la jeune femme a reçu un courriel provenant d'un expéditeur inconnu, contenant une photo de sexe en érection et un cliché intime d'elle-même, à savoir un nu artistique qu'elle avait réalisé et stocké à titre privé sur son disque dur.

Rapidement, la victime a identifié l'auteur comme Jean M., son beau-père depuis 13 ans. L'enquête a également démontré que ce dernier avait installé une caméra dans la salle de bain pour la filmer à son insu.

Me Khoulalène, conseil de la victime, a rappelé le caractère choquant de ces actes, commis par un homme en qui elle avait confiance. L'avocat estime que le mécanisme et la soudaineté du dévoilement sont constitutifs d'un attentat à la pudeur avec violence ou menace.

Pour le parquet, le substitut Bury a rétorqué qu'un vide juridique existait au moment des faits puisqu'en 2014, la cour de cassation a estimé que le fait de filmer quelqu'un à son insu n'était plus un attentat à la pudeur. Il a fallu attendre 2016 pour qu'une loi sanctionnant le voyeurisme soit promulguée.

De même, le parquet affirme que l'outrage aux mœurs n'est pas établi, vu l'absence de publicité des images. Pour le reste, le magistrat a requis une peine sévère, insistant sur la "logique incestueuse" du prévenu et les conséquences graves pour la victime.

Me Poisson, qui défendait Jean M., a invoqué les mêmes arguments que le parquet pour plaider l'acquittement pour l'attentat à la pudeur et l'outrage aux mœurs. Il estime aussi que le harcèlement n'est pas établi, vu l'absence de répétition. Au terme de sa plaidoirie, l'avocat a sollicité la suspension simple du prononcé.Le tribunal a finalement suivi le raisonnement du parquet et acquitté le prévenu pour l'attentat à la pudeur et l'outrage aux mœurs. Pour le reste, le prévenu écope de 6 mois de prison avec sursis.

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