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Comment Sophie Wilmès a-t-elle vécu son court mandat de Première ministre? Elle revient sur son parcours en pleine crise sanitaire (vidéo)

 
Regard sur 2020
 

Elle a longtemps incarné le visage politique de la crise sanitaire en 2020. Sophie Wilmès a passé la majorité de son court mandat de première ministre à gérer la pandémie. Elle a été critiquée par l’opposition parlementaire ou encore par le personnel des soins de santé, avant d’être elle-même touchée par le virus. Voici un portrait de celle qui a pris des décisions parfois impopulaires mais qui a toujours la cote auprès des Belges.

Nous lui avons donné rendez-vous au palais d'Egmont, un lieu familier pour l'ancienne Première ministre. Sophie Wilmès nous dévoile la salle où elle a mené de nombreux débats entre mars et octobre, entourée d'hommes politiques et d'experts en matière de santé publique. Ce n'était pas toujours facile à concilier. "Il y a toujours des échanges et parfois, ils sont un petit peu plus rudes parce que la tension est grande ou que la fatigue s'installe. En définitif, ce qui compte, c'est le résultat et le consensus." Cela lui manque-t-elle ? "Cette place en particulier ? Ce n'est qu'une place, franchement… Pas particulièrement.

On est empreint de la certitude que ça va impacter lourdement la vie des gens

Sophie Wilmès a dû prendre à cette place de nombreuses décisions au nom du gouvernement. L'annonce du confinement le 17 mars est sans doute l'une des plus difficiles à prendre. "Tout le monde est convaincu que c'est la seule solution. On est aussi empreint de la certitude que ça va impacter lourdement la vie des concitoyens et ça, c'est dur. Mais on est totalement mobilisé par son devoir et on fait donc ce qu'il faut faire."

Critiquée pour les masques et le manque de moyens

Sophie Wilmès a été critiquée sur la gestion des masques. "Je crois que sur cette question des masques fédéraux, il y a eu parfois tendance à vouloir créer inutilement la polémique. Ça fait partie du job ou de la vision de certains. Je ne pense pas que c'était très utile."

Elle a aussi été pointée du doigt sur le manque de moyens destinés au personnel soignant. Le 16 mai dernier, Sophie Wilmès était accueillie par une haie de déshonneur à l'hôpital Saint-Pierre. Certains infirmiers lui tournaient le dos en silence. "Ce moment-là, je me souviens que des collègues m'avaient envoyé des SMS en me disant: "ça a dû être dur". Et en fait, pas du tout. Ça n'a pas été dur. Ce qui a été dur, ça a été pour le personnel soignant. Pour eux, c'était dur. C'était un moment fort, un message très fort, mais il faut savoir que derrière les images, il y a le dialogue. Il y a plus que le dialogue. Il y a la rencontre d'hommes et de femmes qui vivent des choses assez exceptionnelles, dans des circonstances exceptionnelles, qui veulent bien faire leur boulot et qui rencontrent, certes, leur Première ministre, mais aussi une femme qui a à cœur de voir que ça se passe bien."

Positive au coronavirus

Le 1er octobre, Sophie Wilmès quitte le 16 Rue de la Loi sans regret. Elle a, dit-elle, tenu la boutique, en attendant la formation d'un gouvernement de plein exercice. Pendant 7 mois, elle a pris des mesures impopulaires, mais elle reste la personnalité politique préférée des Belges. "Je travaille au service de la population, je sers la population. C'est vrai que c'est toujours plus agréable ça que l'inverse. C'est vrai aussi que ce n'est pas quelque chose qu'il faut chercher. Je pense que quand on cherche ça, on se trompe de chemin. Quand j'ai été malade, j'ai eu énormément de signes d'affection et de soutien et je dois dire que ça m'a beaucoup aidée."

Le 17 octobre, Sophie Wilmès est en effet testée positive au coronavirus. Elle restera plus d’un mois en convalescence. "Je ne pourrais jamais nier que mon expérience de Première ministre dans ces circonstances aussi difficiles et l'expérience personnelle que je viens de traverser ont certainement un impact sur la vision des choses. J'ai toujours considéré que j'avais une chance énorme."

Elle n’est pas encore totalement rétablie, mais elle dit regarder l’avenir avec optimisme et humilité.

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