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Le président de la Ligue des droits de l'Homme fustige la politique de migration: "Sur le terrain, nous ne constatons que de la fermeté et jamais de l'humanité"

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Alexis Deswaef, le président de la Ligue des droits de l'Homme va être auditionné ce mardi en Commission parlementaire de l'Intérieur sur la politique d'asile et de migration. Avant de s'y rendre, il a marqué un arrêt dans nos studios situés avenue Jacques Georgin pour nous révéler son état d'esprit avant son audition.


Martin Buxant: Vous allez leur dire quoi aux députés?

Alexis Deswaef: "Le gouvernement et le Premier ministre en tête communiquent souvent pour dire qu'ils mènent une politique d'asile et de migration ferme mais humaine. Mais sur le terrain, nous ne constatons que la fermeté et jamais l'humanité. Je peux citer quelques exemples. Il y a quelques semaines, des familles ont été arrêtées. Ce sont des familles qui étaient parfois
depuis 10 ans en Belgique avec des enfants nés ici, qui vont dans nos écoles, et qu'on veut renvoyer dans un pays que les enfants ne connaissent même pas. S'il y avait de l'humanité, ces familles devraient pouvoir être régularisées. Monsieur Francken veut enfermer des enfants dans nos centres fermés, ces prisons pour sans-papiers alors que la Belgique a déjà été condamnée par la Cour Européenne, en 2008 et en 2010, pour les mêmes raisons. Il y a plusieurs mesures. On veut pouvoir expulser des étrangers qui sont nés ici et qui ont un titre de séjour, simplement parce qu'il y a un procès verbal de police qui dit qu'ils sont une menace contre l'ordre public. Et donc, on voit passer depuis 2014, toute une série de lois, qui portent atteinte aux droits humains et aux libertés fondamentales.


Martin Buxant: Donc vous la trouvez trop dure, mais la question, c'est: est-ce qu'elle est efficace?

Alexis Deswaef: À côté des arguments des droits humains, nous devons effectivement regarder l'efficacité de cette politique, et on voit et cela se cristallise autour de ce qui se passe au Parc Maximilien, que la politique du gouvernement n'est pas efficace.


Martin Buxant: Mais Theo Francken dit qu'il évite l'émergence d'un Calais à Bruxelles...

Alexis Deswaef: C'est une vaste blague. Pourquoi? Parce que Calais, c'était 10.000 à 15.000 personnes. Au parc Maximilien, on parle de 400 à 500 personnes. S'il n'y a pas de Calais à Bruxelles, c'est avant tout grâce à la plateforme citoyenne d'hébergement qui héberge chaque nuit les migrants qui sont au parc Maximilien. Depuis septembre, ils sont à 50.000 nuitées et donc ce sont des citoyens qui pallient aux manquements de l'état et qui mettent au point l'accueil. Et cela, c'est une sorte de résistance qui se met en place.

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