Myria demande à la Belgique d'agir pour réunir les familles de réfugiés séparées

(Belga) Le regroupement familial est la première voie migratoire légale en Belgique, avant l'obtention du statut de réfugié. Mais le droit de vivre en famille est "sous pression", observe Myria, le Centre fédéral Migrations, dans son rapport "La migration en chiffres et en droits 2018", présenté mardi au Sénat. Pour cet organisme public autonome, la Belgique ne tient pas suffisamment compte de considérations humanitaires dans les situations impliquant des familles.

En 2016, près de 51.000 premiers titres de séjours ont été délivrés pour des raisons liées à la famille, dont 48% à des citoyens de l'Union européenne. Ce chiffre est relativement stable, alors que la Belgique a enregistré un pic de demandes d'asile l'année précédente. Trop souvent, des réfugiés sont contraints "de choisir de facto entre le bénéfice d'une protection en Belgique et la réunion avec les membres de (leur) famille, mais au prix d'un retour dans un pays où les gens craignent d'être persécutés ou de subir des mauvais traitements", déplore Myria. Parmi les obstacles identifiés: l'obligation pour les candidats au regroupement de se rendre auprès d'un poste diplomatique belge, quand bien même la démarche est quasiment impossible. Et si ces candidats sont déjà arrivés sur le territoire belge, ils sont généralement obligés de retourner dans leur pays d'origine pour y introduire leur demande. La Belgique devrait offrir la possibilité au "regroupant" d'effectuer lui-même la demande en Belgique, recommande Myria. Elle devrait aussi agir proactivement pour réunir les familles séparées en Europe sur la base du règlement Dublin, considère cet organisme public mais indépendant chargé de veiller aux droits fondamentaux des migrants. (Belga)

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