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"Arrêtez de nous prendre pour des cons": le nouveau plan de la SNCB accable à nouveau Jacqueline Galant

"Arrêtez de nous prendre pour des cons": le nouveau plan de la SNCB accable à nouveau Jacqueline Galant
 
SNCB
 

Le texte prévoit une nouvelle augmentation des tarifs, une offre de trains revue à la baisse et la fermeture de guichets et gares supplémentaires.

Les finances de la SNCB sont dans le rouge depuis plusieurs années. Pour éponger une dette colossale de plusieurs miliards d'euros, la ministre de tutelle, la très controversée Jacqueline Galant, est obligée de présenter des mesures fortes... et qui ne plaisent pas. Certaines de ces nouvelles mesures ont fuité ce jeudi matin. 

L'opposition n'a pas tardé à tirer à boulets rouges contre les éléments de ce projet de 'contrat de gestion' de la SNCB relayées par De Morgen. La ministre de la Mobilité, elle, s'est défendue à la Chambre jeudi après-midi et s'est contenté de dire que rien n'avait encore été décidé à ce jour. 

Des tarifs en hausse, des gares en baisse

Le texte prévoit une nouvelle augmentation des tarifs. La SNCB prévoit une hausse durant les quatre prochaines années des billets et abonnements et une variation des prix en fonction des horaires, de la classe et du moment d'achat. Point positif, le billet pourrait être remboursé partiellement à partir d'une demi-heure de retard.

L'offre de trains serait également revue à la baisse : le futur contrat de gestion invite la société de chemin de fer à ne plus garantir un service de 7 heures à 21 heures que sur les lignes les plus importantes.

Enfin, plusieurs gares seraient également vidées de leur personnel, se contentant d'abriter des passagers qui pourraient acheter leur billet à des distributeurs automatiques. 

"Arrêtez de nous prendre pour des cons"

"On ne peut pas demander aux gens de payer plus pour avoir moins… Alors s'il vous plait, Madame la Ministre, j'aimerais que vous arrêtiez au mieux de nous prendre pour des poires, au pire de nous prendre pour des cons", selon Gwenaëlle Grovonius, députée fédérale PS.  

"La vision de la mobilité du gouvernement nous ramène trente ans en arrière", a dénoncé jeudi dans un communiqué le député Marcel Cheron (Ecolo) qui épingle notamment la proposition d'un "service de troisième classe encore plus cher".

Le député écologiste rappelle la proposition de contrat de gestion alternatif soumise par son groupe politique. Les Verts invitent à investir dans les transports en commun et revoir la fiscalité des voitures de société.

La cheffe de groupe cdH Catherine Fonck a demandé au gouvernement de s'opposer clairement au projet de contrat de gestion connu. Les tarifs fluctuants risquent d'augmenter le coût du travail, singulièrement pour les emplois à horaire flexible peu qualifiés, a-t-elle indiqué.

L'instauration d'une plus grande liberté tarifaire sur une série de produits risque en outre de rendre le chemin de fer moins attractif que la voiture, notamment pour les familles, a-t-elle ajouté. Le sp.a et Groen ont également vitupéré contre le projet à l'étude.

"Pas d'accord"

Au sein de la majorité, la N-VA a elle réagi contre la proposition d'augmenter les tarifs. "Il n'y a pas encore d'accord politique" sur ce texte, a clarifié la députée nationaliste Inez De Coninck. "Nous ne sommes absolument pas d'accord avec les augmentations de prix, une évolution à la hausse du prix des billets de 4% au-delà de l'inflation. Un pour cent d'augmentation, cela passe mais quatre pour cent c'est extrêmement élevé. Certainement à l'aune de la dotation particulièrement élevée dans notre pays et du service un peu moins bon que dans les pays voisins", a-t-elle expliqué.

En revanche la N-VA dit se retrouver dans la volonté de la SNCB de simplifier et flexibiliser ses tarifs, une manière pour la société de chemin de fer de s'octroyer une plus grand amplitude commerciale. "Mais cela doit permettre à la SNCB d'attirer plus de voyageurs et dès lors la flexibilité doit permettre à la SNCB d'offrir des tarifs réduits durant les heures creuses".

La N-VA s'interroge enfin sur l'avenir des structures de la SNCB. "Qu'advient-il des filiales et de l'armée mexicaine au sommet" de l'entreprise?, se demande Inez De Coninck.

La ministre de la Mobilité sera interrogée jeudi après-midi à la Chambre.


 

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