Un haut magistrat accuse: "Le gouvernement prépare une nouvelle affaire Dutroux"

Le président du tribunal de première instance de Bruxelles a fait une déclaration forte ce dimanche midi dans l'émission Controverse sur RTL-TVi. Luc Hennart dénonce le manque de moyens alloués à la justice. Une situation qui aura, selon lui, des conséquences inévitables.

Le président du tribunal de première instance de Bruxelles Luc Hennart a accusé ce dimanche, dans l'émission Controverse sur RTL-TVi, le gouvernement fédéral et le parlement de préparer "une nouvelle affaire Dutroux" avec les réformes en cours et le manque de moyens, notamment de magistrats.


"Le citoyen va payer plus cher pour une justice de moindre qualité"

"Le citoyen va payer plus cher pour une justice de moindre qualité en raison des moyens sans cesse diminués", a dénoncé le magistrat. "Il faut faire mieux avec moins mais on est déjà dans une situation exsangue", a-t-il observé. M. Hennart a notamment fustigé la décision de réduire les moyens des centres d'appui aux délinquants sexuels et la suppression de l'intervention du ministère public dans la problématique familiale.


"On est en train de préparer une nouvelle affaire Dutroux"

Il a fait écho au témoignage d'un collègue juge de la famille qui, par manque de moyens, a failli confier la garde d'un enfant à son père à l'égard de qui il y avait un dossier de pédophilie. "Il y a des réformes intéressantes mais aujourd'hui, ce qu'on nous prépare, le gouvernement mais aussi le parlement, à qui on va demander d'aller voter à la hussarde toute une série de modifications, et bien, je dis de façon très nette qu'on est en train de préparer une nouvelle affaire Dutroux", a-t-il averti. "On ne pourra pas nous dire, si par malheur une affaire de ce type là se produit, qu'on ne savait pas", a insisté Luc Hennart dans un signal très fort envoyé aux pouvoirs exécutif et législatif.

Vos commentaires