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Deux ans après le lancement des mouvements #MeToo et #BalanceTonPorc: le harcèlement au travail est-il toujours une réalité ?

Deux ans après le lancement des mouvements #MeToo et #BalanceTonPorc: le harcèlement au travail est-il toujours une réalité ?

Deux ans près le lancement de mouvement #Me Too aux Etats-Unis et #Balance ton porc en France, les mentalités ont-elles évolué ? Le harcèlement sur le lieu de travail est-il toujours une réalité ? Que font les entreprises pour lutter contre ça ? De nouvelles réglementations ont-elles été mises en place dans les entreprises ?

Octobre 2017, l’affaire Weinstein éclate. Sur les réseaux sociaux, c’est une déferlante de témoignages sur le harcèlement sexuel. Le hashtag #metoo devient viral. La parole des femmes se libère et avec elle la fin d’une omerta concernant le sexisme ordinaire.
Deux ans après les mouvements Me Too et balance ton porc, les mentalités ont-elles évolué, notamment dans les entreprises ?

Un frein persiste: le lien de subordination entre la personne harcelée et le harceleur

Pour le savoir, nous avons rencontré un avocat spécialisé dans le droit social, Thierry Duquenne. Selon lui, le nombre de plaintes pour harcèlement sexuel n’a pas augmenté mais les dirigeants d’entreprises ont pris conscience du phénomène et mettent en place des outils pour remédier à ce genre de situation. Néanmoins, il reste un frein non négligeable.
"Ce qui reste compliqué, c'est que dans la plupart des cas, il y a un lien de subordination entre la personne harcelée et le harceleur. Souvent le harceleur utilise son lien de subordination, le fait qu'il soit le patron, pour rendre les choses plus compliquées lorsque vous voulez porter plainte. Parce que si vous voulez porter plainte contre votre patron, vous devez vous assurer que le top management va vous suivre dans votre démarche, sinon vous serez deux fois victimes", explique Thierry Duquenne, avocat associé Nautadutilh.

Un management qui prônent la diversité dans certaines entreprises

Les femmes peuvent néanmoins compter sur leurs collègues pour témoigner. L'entreprise Febelfin, dans laquelle 50 % des employés sont des femmes, a fait de la solidarité l’un de ses valeurs cardinales. Bien avant Me Too, elle s’est d’ailleurs employée à mettre un place un management qui prône la diversité. Une charte a également été signée par 85 % des acteurs du secteur de la finance. "Je pense qu'il y a vraiment un éveil. Je pense qu'après #Me Too, les collègues dans les bureaux ont pas mal parlé. Des femmes ont commencé à raconter, non pas des choses épouvantables, mais des petites choses à leurs collègues hommes "Quand cela s'est passé, je ne me suis pas sentie à l'aise" et ça, c'est très intéressant. On a vu aussi pas mal de managers qui se sont inquiétés en se disant "Mais qu'est ce que nous devons faire dans cette situation ?", raconte Claire Godding, experte en diversité et inclusion chez Febelfin.

La diversité est au coeur de ce qu'on recherche

Communiquer, former à l’égalité des genres, Jump s’y emploie depuis des années. Nous avons assisté à l’une des sessions sur ce thème et interrogé l’un des rares hommes de l’assistance, le directeur de Cisco, Arnaud Spirlet. "Dans une société d'IT comme la mienne, il y a énormément d'hommes au départ et énormément d'hommes qui étudient des matières qui sont très techniques, où il y a moins de femmes dans les écoles. Mais par contre, avoir une société uniquement avec des hommes, ça ne marche pas. On y croit pas du tout chez Cisco. Plus on travaille dans la diversité, mieux la société se porte. Donc c'est quelque chose qui est très proche dans notre façon de recruter, dans notre façon de communiquer, d'engager avec nos employés. La diversité est au coeur de ce qu'on recherche", nous apprend-t-il.

Pour la directrice marketing de Cisco, Leslie Delatte, ces initiatives existent depuis longtemps. "On a depuis toujours une tolérance zéro par rapport aux comportements inappropriés et inacceptables. C'est pas Me Too qui a réveillé ce genre d'initiatives. Ça existait depuis bien longtemps".

Pourquoi certains comportements d’hier sont-ils aujourd’hui devenus intolérables ?

Isabella Lenarduzzi, fondatrice de Jump apporte un éclaircissement. "Enfin les femmes ont commencé à parler. Il faut savoir que cela ne fait pas trop longtemps qu'on a la possibilité d'occuper d'avoir des jobs dans toutes les entreprises, toutes les fonctions et à toutes les positions. Ca fait peut de temps dans l'histoire. Donc jusqu'à présent, on a essayé de faire comme si tout était normal et on a surtout essayé de faire comme si on était des hommes comme les autres".

D’après une étude récente menée par Jump auprès de 3500 femmes, 94 % d’entre elles ont été déjà été victimes de comportements sexistes sur leur lieu de travail et 9 % ont été agressées physiquement. Alors, la fin du sexisme, un leurre, un combat au quotidien, ou un aboutissement ?

La fin du sexisme, est-ce un leurre, un combat ou un aboutissement ?

"La fin du sexisme, c'est fondamental pour avoir une société égalitaire", nous répond la fondatrice de Jump. "C'est pas un leurre, c'est un combat", nous dit le directeur de Cisco. " Je crois qu'on va y arriver", affirme la directrice marketing de Cisco. Enfin, Thierry Duquenne est également convaincu que c'est un combat. "Je crois que ça doit être mené jusqu'au bout, assurément".

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