En ce moment
 

Grève chez Ryanair pendant deux jours: une employée dénonce les menaces liées aux ventes à bord des avions

Grève chez Ryanair pendant deux jours: une employée dénonce les menaces liées aux ventes à bord des avions
Photo: Céline Praile

La grève prévue ces mercredi et jeudi chez Ryanair devrait toucher 23.500 passagers de et vers la Belgique: 16.500 à Charleroi et plus de 7.000 à Brussels Airport, a-t-on appris auprès des aéroports. A Charleroi, 48 vols (aller/retour) seront supprimés ce mercredi et le même nombre demain/jeudi. A Brussels Airport, 22 vols seront supprimés mercredi et 18 jeudi. Par ailleurs, d'autres vols pourraient être supprimés durant les grèves si le nombre de travailleurs volontaires est insuffisant.

Notre reporter sur place Céline Praile (Bel RTL) a pu recueillir le témoignage d'employés de Ryanair à l'aéroport de Charleroi ce mercredi matin. L'un d'entre elles dénonce les conditions de travail: "Nous sommes ici pour protester. Nous n’avons pas d’assurance travail. Si on tombe malade ou si on a un accident au travail. C’est exactement la même chose. Nous ne sommes pas payés quand nous sommes malades. Certains ont des contrats irlandais. Quand il y a un souci, on ne sait pas vers qui se tourner. En Irlande, on refuse car nous n’habitons pas sur place. Et en Belgique, on nous dit que ce ne sont pas des contrats belges. 

L'employée de Ryanair dénonce également les menaces: "Il y aussi une pression sur les ventes. Nous devons vendre des produits à bord. Il y a des objectifs. Si on n’arrive pas à les atteindre, Ryanair nous envoie des lettres qui nous menace de renvoi. C’est comme cela que Ryanair fonctionne, avec des menaces. Nous sommes fatigués et nous n’avons aucune confiance en l’employeur. Ryanair peut être une bonne compagnie. Elle a tous les moyens pour le faire, si elle peut soutenir ses employés."




Que demande le personnel?

Les syndicats de quatre pays européens, dont la Belgique, ont annoncé, voici deux semaines, une grève coordonnée pour le personnel de cabine. Ces mercredi et jeudi, les travailleurs se croiseront les bras en Belgique, au Portugal et en Espagne. Les Italiens arrêteront, eux, le travail le 25 juillet uniquement. Le personnel réclame de meilleures conditions de travail et une reconnaissance syndicale.


Une première pour la compagnie

Il s'agit d'une première pour la compagnie aérienne à bas coûts, avare de commentaires. Ryanair a dû proposer une alternative aux passagers bloqués ou le remboursement de leur billet. "Nos 50.000 clients en Espagne, au Portugal et en Belgique, dont les vols de mercredi et jeudi ont été annulés, se sont vu proposer un autre vol ou ont demandé un remboursement intégral au cours du week-end dernier. Nous n'attendons pas de nouvelles annulations demain (mercredi 25 juillet)", déclare Ryanair sur son compte Twitter.

Un tweet a été intégré à cet endroit.
Vous devez accepter les cookies de réseaux sociaux pour afficher ce contenu.

Comme l'annulation a été annoncée moins de deux semaines avant le départ, les passagers ont aussi droit à une compensation complémentaire de 250 à 600 euros en fonction de la distance. Mais Ryanair est peu loquace sur une éventuelle indemnisation.


Un cas de "force majeure"?

Selon l'organisation de défense des consommateurs Test-Achats, la compagnie évoque la "force majeure" dans sa communication vers les passagers alors qu'un arrêt de la Cour européenne de justice indique que celle-ci ne peut être invoquée en cas de grève au sein de l'entreprise. Le ministre de l'Économie, Kris Peeters, a déjà demandé à l'Inspection économique de suivre l'affaire.


Une grève qui "aurait pu être évitée"

Selon la CNE, qui a lancé l'appel à la grève avec les autres syndicats, la mobilisation du personnel est importante. "Le personnel est plus que fatigué des conditions de travail difficiles, qui se dégradent et ce, après plusieurs tentatives de conciliation avec la direction", expliquait le syndicat chrétien dans un communiqué.Le syndicat socialiste des employés, le SETCa, estime qu'il est urgent qu'une représentation syndicale, au sein de laquelle tous les syndicats belges seraient représentés, soit reconnue au sein de la compagnie aérienne. La grève de mercredi et jeudi aurait pu être évitée, selon le syndicat, "si la direction avait réagi aux nombreux appels des travailleurs".

Vos commentaires