En ce moment
 
 

Immobilier: quelles sont les priorités quand vous isolez votre maison?

  • Le PEB des logements wallons est assez mauvais

  • Les logements wallons affichent une mauvaise performance énergétique

 

Les logements wallons sont très loin de l'objectif européen qui est de tendre vers le certificat de performance énergétique "A" d'ici 2050. La Wallonie se situe en dessous de la moyenne européenne. C'est dû essentiellement à l'âge moyen du bâtiment wallon.

Deux tiers des logements wallons affichent une PEB (Performance énergétique des bâtiments) E, F ou G, soit les trois plus mauvais scores de performance énergétique des bâtiments. La majorité des logements au sud du pays sont donc particulièrement énergivores et les nouveaux certificats enregistrés ne font que confirmer cette tendance, constate la ministre wallonne en charge du Logement, Valérie De Bue, qui entend "renforcer la dynamique de rénovation".

Une première obligation qui remonte à 1985

Le nombre de certifications PEB, obligatoires depuis 2010 lors d'une mise en vente ou en location, est en constante augmentation. Entre 2010 et 2018, la Région wallonne en a enregistré 497.236. Et les années 2017 et 2018 ont - à elles - seules fait augmenter la base de données de près de 30% (+106.911 certificats). Il reste toutefois du pain sur la planche puisque le parc wallon compte 1.615.774 logements.

Les données déjà disponibles permettent néanmoins de se faire une idée de l'état du parc de logement wallon. Celui-ci reste encore largement en-deçà de l'objectif européen qui est de tendre vers le label A en moyenne d'ici 2050. Seuls 10,3% des certificats PEB récoltés entre 2010 et 2018 obtiennent le label A ou B tandis que 60,2% obtiennent le label E, F ou G. Entre 2016 et 2018, c'est le label C qui a le plus progressé (+31,4%), suivi par les labels D (+30,7%) et E (+29,7%). Nicolas Spies, conseiller énergie et qualité à la Confédération construction wallonne, apporte une des explications au micro de Bernard Lobet pour Bel RTL: "Une des particularités du parc bâtiment en Wallonie, c'est son grand âge. Plus de 50% des bâtiments existants ont plus de 50 ans. Il y a une époque où on n'isolait pas les bâtiments. On a commencé à isoler les bâtiments dans les années 70. C'était encore très peu isolé. La première obligation, en termes d'isolation, date de 1985. Avant cela, il y avait aucune obligation d'isoler. Or, nous avons 70% des bâtiments qui datent d'avant 1985 et donc construits sans aucune isolation thermique." 

Eviter les perditions vers le haut

Alors, pourquoi le Wallon ne se lance-t-il pas davantage dans la rénovation énergétique de son logement ? D'abord parce que ça coûte cher. "Ce coût n'est pas facile à amortir, récupérer sur une courte période. Il faut se projeter à 15-20-25 ans", ajoute Nicolas SpiesLe système de primes, compliqué et sans cesse changeant, ne pousserait pas assez à l'isolation. Il faudrait rénover 100.000 maisons par an pour atteindre les objectifs fixés par la Région wallonne. Le rythme actuel est d'environ 27.000 par an. Si vous comptez vous y mettre, quelques conseils de pro avec Yvan Stiennon, président de l'association des auditeurs énergétiques. Quels travaux entamer en priorités ? Le toit. "Il faut mettre un 'bonnet sur la tête' pour éviter les perditions par le haut", explique-t-il. Ensuite, s'attaquer aux plafonds des caves. "Ce sont des surfaces qu'on peut facilement isoler, à faibles coûts finalement." Ensuite, le coût est plus onéreux, la façade. Enfin, les châssis: "Ce sont de très petites surfaces par rapport à l'ensemble de déperdition du bâtiment", conclut Yvan Stiennon.

Si l'amortissement des travaux de rénovation est parfois long, il faut aussi tenir compte du gain en confort et de l'augmentation de la valeur de la maison en cas de revente."

Plus de 7000 logements seront rénovés

Des disparités existent par ailleurs entre les provinces: en Brabant wallon, 56,3% des certificats enregistrés ont un label A, B, C ou D alors que dans le Hainaut 65,5% des certificats ont un label E, F ou G. Face à ces constats, la ministre De Bue souhaite renforcer la dynamique de rénovation, notamment au niveau des logements publics, dont à peine 30% du parc ont déjà bénéficié d'une rénovation. "Le chantier est énorme! Il faut avancer. Dans le cadre du Plan wallon d'investissements, nous avons identifié 7.319 logements qui feront partie d'un programme de rénovation dès 2019", souligne Valérie De Bue, citée dans un communiqué. La ministre rappelle au passage les mesures déjà prises pour stimuler les rénovations comme une réforme des primes, dans le sens d'une simplification et d'une augmentation des montants, ou une simplification de la procédure de prêts à taux zéro pour les rénovations de logements.

Vos commentaires