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Coronavirus en Belgique: accord entre l'Etat et les banques pour un moratoire sur des prêts hypothécaires et aux entreprises (vidéo)

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Le coronavirus en Belgique touche de plein fouet les finances des ménages et entreprises. Dans "C'est pas tous les jours dimanche", Pierre Wunsch, gouverneur de la Banque nationale de Belgique, a annoncé un accord entre l'Etat et les banques pour un moratoire sur des prêts hypothécaires et prêts aux entreprises.

Ce virus vire à l’appauvrissement des Belges. Pierre Wunsch, le gouverneur de la Banque nationale de Belgique, est chargé par le gouvernement fédéral d’accompagner les suites pécuniaires de ce virus. Il est joint par skype dans "C’est pas tous les jours dimanche." Il annonce en primeur un accord entre l'Etat et les banques pour un moratoire sur des prêts hypothécaires et prêts aux entreprises.

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"Je sors de quatre nuits de discussions et de concertation avec le secteur bancaire qui fait un geste très important qui va changer la situation dans les jours et dans les semaines qui viennent. Le secteur a accepté de s’engager dans un moratoire, au niveau des prêts hypothécaires, mais aussi des prêts consentis à des entreprises de manière à soulager les ménages et les entreprises dans cette période difficile."

"L’État de son côté a accepté de consentir à une garantie à certains niveaux de perte aux banques afin de les soutenir dans cet effort pour nous permettre de passer le cap de cette crise."

Pierre Wunsch n'a pas précisé les modalités, mais le ministre du Budget David Clarinval a confirmé la teneur de la mesure, qui devrait être annoncée dans la journée ou ce lundi. "L'accord doit encore être finalisé", a tempéré le ministre MR. C'est le fruit d'une concertation intense menée ces derniers jours sous l'égide du ministre des Finances Alexander De Croo pour répondre aux conséquences économiques prévisibles de la crise du coronavirus. L'Etat et les banques jugent indispensable d'instaurer de telles règles fédérales pour les indépendants et les entreprises confrontés à des problèmes de liquidités en raison des obligations de fermetures et de la perte de revenus. Cette garantie vient en plus des reports de paiement d'impôt et autres mesures déjà annoncées.

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Que prévoit ce report?

Un accord a donc été conclu samedi soir entre le secteur financier et le gouvernement fédéral afin de faire face aux conséquences économiques de la crise du coronavirus. Il prévoit notamment un report, sans frais, de tous les remboursements de crédits - y compris les crédits hypothécaires - pour les entreprises non financières et les indépendants viables jusqu'au 30 septembre prochain; une mesure qui s'étend également aux ménages pouvant justifier d'un préjudice financier lié à l'épidémie.

Le Fédéral va par ailleurs activer un régime de garantie pour l'ensemble des nouveaux crédits et des nouvelles lignes de crédit d'une durée maximale de 12 mois que les banques octroieront, jusqu'au 30 septembre, aux entreprises non financières et aux indépendants viables, "afin de continuer à financer l'économie réelle", a indiqué dimanche après-midi le ministre fédéral des Finances, Alexander De Croo (Open Vld). Le montant total de cette garantie - "une assurance que le Fédéral donne aux banques en espérant ne pas en arriver là", selon le ministre - s'élève à 50 milliards d'euros, "soit 10% du PIB belge", a-t-il précisé.

A l'issue du régime de garantie, le montant des pertes enregistrées sur les crédits dans le cadre de ce régime de garantie sera examiné. La première tranche de 3% de pertes sera entièrement supportée par le secteur financier. Pour les pertes entre 3% et 5%, le secteur financier et les pouvoirs publics se répartiront la charge à parts égales tandis que pour les pertes supérieures à 5%, 80% seront mis sur la note des pouvoirs publics, a détaillé le ministre. En d'autres mots, "si nous nous dirigeons vers une crise économique assez classique, toutes les pertes seront supportées par le secteur financier. Si, en revanche, nous nous retrouvons face à une crise économique très exceptionnelle, les pouvoirs publics assumeront une partie du coût", a-t-il expliqué en assurant qu'au cours des dix dernières années, la perte maximale a été d'environ 1%. "Notre société est touchée très violemment par cette crise. Le gouvernement avait déjà pris des mesures exceptionnelles, en prévoyant notamment le report du paiement des impôts. Mais nous pensons que ces mesures sont insuffisantes car les coûts fixes persistent pour les entreprises et les ménages. Il faut éviter un effet domino qui ne ferait qu'aggraver la crise", a poursuivi M. De Croo selon qui "il faut faire un maximum pour préserver la santé des citoyens mais aussi leur emploi". "Les banques belges comptent consentir un effort sans précédent en faveur des entreprises et des particuliers qui sont menacés de difficultés financières à cause de la pandémie. L'objectif est de leur donner à toutes et tous les chances de revenir rapidement à une situation normale, et ce, avec le moins de dommages possibles dans tous les domaines", a de son côté souligné Johan Thijs, le président de Febelfin, la fédération du secteur financier. "Nous devons absolument éviter que les entreprises, les indépendants et les familles qui n'avaient pas de problèmes financiers avant la crise ne se retrouvent en difficulté", a enfin déclaré Pierre Wunsch, le gouverneur de la Banque nationale de Belgique (BNB). "Avec le paquet de mesures que nous annonçons aujourd'hui - vrai 'bazooka' financier pour garantir les prêts aux entreprises et aux indépendants pendant les mois de crise -, nous faisons un grand pas dans cette direction", a-t-il conclu.

 

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