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Mateo, qui a déjà atteint 250km/h sur une autoroute, voudrait des zones à vitesse illimitée en Belgique: "Je suis choquée d'entendre ça" (vidéo)

Le ministre fédéral de la Mobilité, François Bellot (MR), souhaite pouvoir fixer la limite de vitesse à 130 km/h sur certains tronçons d’autoroute. Pour la Flandre et Bruxelles, c’est hors de question.

Pour la Wallonie, c’est le débat qui divise. Pourquoi ne pourrions-nous pas, comme nombre d’autres pays européens, passer à une limite maximale de 130 km/h sur certains tronçons ? Notre infrastructure permet-elle de relever la vitesse autorisée ? Alors qu’on parle de l’état déplorable de certaines routes, est-il sage de passer de 120 à 130km/h ? Certains voudraient même supprimer tout simplement les limitations de vitesse sur certains tronçons, ne risque-t-on pas d’augmenter le nombre d’accidents ?

"L’esprit est d’adapter la vitesse aux conditions de circulation et donc quand elles sont fortement accidentogènes, on diminue la vitesse et quand elles ne le sont pas et qu’on est dans des conditions optimales de roulage, on peut alors passer à 130", explique Vincent Scourneau, le député fédéral et bourgmestre de Braine-l'Alleud. "C’est une gestion dynamique, c’est contrôlé par rapport à la situation en temps réel et c’est très souvent signalé par des panneaux dynamiques. Cela se fait en France et ça fonctionne assez bien. Et on considère que les endroits où cette gestion dynamique est mise sur pied, les accidents diminuent de 5 à 6%. C’est dans cet esprit que le Ministre Bellot a annoncé sa réforme et elle est laissée à l’appréciation des régions."

Belinda Demattia, porte-parole de l'Agence wallonne pour la sécurité routière (AWSR), n'est pas du même avis. "On est pour une gestion dynamique des limitations de vitesse mais pas pour une hausse. On voudrait même aller vers le 110 dans les zones accidentogènes", a-t-elle répondu sur le plateau de "C'est pas tous les jours dimanche". 

Selon Emmanuelle Praet, chroniqueuse dans l'émission dominicale, le problème est que les voitures sont de plus en plus puissantes et confortables. "Donc ne sent pas la vitesse. Je serais curieuse de connaître la vitesse réelle sur certaines bandes et je pense que les accidents sont dus aux comportements des automobilistes qui roulent sur la fameuse bande du milieu ou qui refuse de laisser passer la voiture qui est derrière. Je pense que dans les pays qui ont adopté le 130, il y a plus de fluidité."


"Pas beaucoup de tronçons où on pourrait mettre le 130"

Députée wallonne (cdH) Isabelle Moinnet a expliqué pourquoi son parti est actuellement contre le fait de fixer la limite de vitesse à 130 km/h sur certains tronçons d’autoroute. "Les études hollandaises, qui ont été évoquées, ne correspondent pas à la réalité de terrain en Wallonie où on a un réseau structurel très différent, avec notamment beaucoup plus d’entrées et de sorties. Pour faire de longues distances, c’est beaucoup plus problématique. Pour toute une série de raisons, le Ministre Di Antonio est complètement contre cette réforme. Le cdH est totalement contre", souligne-t-elle. "En Wallonie, il n’y a pas beaucoup de tronçons où on pourrait mettre le 130. Peut-être entre Bastogne et Liège sur l’E25 où il y a plus de longues distances (10-15km) sans sorties et sans entrées d’autoroute. Mais ailleurs, on sera obligé de mettre des limitations à 110 comme en France. Ils autorisent le 130 mais il y a beaucoup de zones à 110."


"On ne vit pas dans la même réalité"

De son côté, Mateo Vasquez, un Bruxellois, roule vite et a déjà atteint la vitesse de 250km/h dans les autoroutes allemandes. "Quand j’entends, les personnes contre le 130, j’ai l’impression qu’on ne vit pas dans la même réalité. J’entends "On est en Belgique, on roule à 120 et dès qu’il y a du changement, c’est dangereux".  On est plutôt dans la critique plutôt que de faire confiance comme en Allemagne avec des zones à 130 et des zones illimitées qui responsabilisent le conducteur. Aujourd’hui, les voitures sont de plus en plus puissantes et sécurisées, et on doit rouler de moins en moins vite."

"Je suis choquée d’entendre ça et j’espère que je ne croiserai jamais leur route. Ce qui fait qu’un accident est grave ou pas, c’est la vitesse", a réagi Belinda Demattia, porte-parole de l'Agence wallonne pour la sécurité routière (AWSR). "En Wallonie et en Belgique, il n’y a aucun tronçon où on pourrait rouler avec une vitesse illimitée. En Allemagne et en France, les zones à 130 ou les zones illimitées se situent à des endroits où il n’y a pas presque pas d’entrées et de sorties sur les autoroutes. Il faut arrêter de comparer notre pays aux autres  car on est en bas du classement en termes de sécurité routière."

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