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"L'Homme fidèle", variation de Louis Garrel sur le triangle amoureux

Louis Garrel lors d'une séance photo le 18 décembre 2018 pour la promotion de son dernier film "L'homme fidèle"Thomas SAMSON

Un homme, deux femmes... et un enfant: Louis Garrel revisite le triangle amoureux avec Laetitia Casta et Lily-Rose Depp dans "L'Homme fidèle", en salles mercredi, un film qui s'amuse à brouiller les pistes, entre burlesque, thriller et comédie romantique.

"Quand il y a deux personnages, c'est dramatique. Trois personnages, ça peut devenir tout d'un coup drôle", lance l'acteur de 35 ans.

"Ce sont des figures très usées dans le cinéma, donc on a essayé de renouveler le genre, de fabriquer un film où chaque scène serait une surprise".

Écrit avec le scénariste Jean-Claude Carrière, "L'Homme fidèle" est le deuxième long métrage de Louis Garrel après "Les Deux amis" en 2015, qui mettait déjà en scène trois personnages principaux (incarnés par Golshifteh Farahani, Vincent Macaigne et Louis Garrel).

Dans ce deuxième film, le réalisateur interprète Abel (nom déjà de son personnage dans "Les Deux amis"), en couple avec Marianne (Laetitia Casta). Mais celle-ci le quitte brutalement pour son ami Paul, avec qui elle attend un enfant, et le met à la porte, dans une scène inaugurale expéditive qui vire au comique.

Dix ans plus tard, à la mort de Paul, Abel décide de reconquérir Marianne. Mais il retrouve aussi Eve (Lily-Rose Depp), la soeur de Paul secrètement amoureuse de lui, et découvre Joseph (Joseph Engel), le fils de Marianne, qui lui glisse que sa mère serait une meurtrière.

À partir de cet argument, inspiré au départ de "La Seconde surprise de l'amour" de Marivaux, Louis Garrel dit avoir voulu faire un "marivaudage de genre", dans lequel "on change de registre constamment".

"C'est une mini-comédie burlesque, un petit thriller de chambre, une mini-comédie romantique et un récit existentiel ou de remariage", résume le cinéaste.

Le personnage d'Abel, lui, est conçu "comme un clown du cinéma muet", qui "se prend beaucoup de baffes mais ne se plaint jamais", dit-il.

Rythmé par les trois voix off des personnages, le film porte aussi l'empreinte du cinéma de François Truffaut, "qui lui parle intimement".

"C'est comme un alphabet. On parle avec les lettres qu'on a apprises", reconnaît le fils du réalisateur Philippe Garrel, pour qui ce film "joue évidemment aussi avec une sorte de nostalgie ou d'image du cinéma français".

Habitué du cinéma en famille, le cinéaste dit aussi avoir découvert avec ce film sa femme dans la vie, Laetitia Casta, dans un "personnage très souverain", celui d'une femme avec "un masque de cruelle, un masque de veuve, puis de tueuse, de manipulatrice et finalement un visage très simple".

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