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"Welcome": la mort à la sauce Thibaud, cocasse et tonique, à la biennale de la Danse

Répétition de "Welcome" de Patrice Thibaud à Caluire-et-Cuire près de Lyon pendant la biennale de la Danse, le 13 septembre 2018PHILIPPE DESMAZES
danse

Mort imminente, hôpital, maison de retraite... Rien d'hilarant. Pourtant, Patrice Thibaud, ex-Deschiens aux multiples talents, livre avec "Welcome" un spectacle cocasse, tour à tour burlesque ou onirique, mêlant théâtre, danse, mime, chant et vidéo, à partir de vendredi à Lyon.

Créé dans la métropole lyonnaise -- au Radiant jusqu'à dimanche -- dans le cadre de la 18e Biennale de la danse, avant une tournée internationale, "Welcome" nous fait rire avec ce qui nous terrifie. Toute la palette de Patrice Thibaud est là. Inspirée de l'univers de Jacques Tati, Chaplin, des burlesques américains ou de Louis de Funès.

"C'est un spectacle vivant sur la mort ! Le tragique de la condition humaine dans une pièce très musicale, au casting hétéroclite", dit-il.

Après le décès de plusieurs proches, "j'ai voulu faire quelque chose sur l'injustice de la mort. Avec ma patte. De l'humour, du burlesque...", explique à l'AFP Patrice Thibaud. "C'est aussi un questionnement sur le fameux +tunnel blanc+ dont parlent ceux qui ont expérimenté la mort imminente".

"Je n'ai pas du tout peur de ma mort, j'ai eu une vie bien remplie, mais je crains celle des autres", confie le metteur en scène de 54 ans aux multiples casquettes, comédien, mime et humoriste.

Sur le plateau, six interprètes: lui-même, son acolyte Olivier Saladin, Philippe Leygnac, son complice de "Cocorico", et des danseurs issus du flamenco et de la danse contemporaine.

"Saladin, c'est Monsieur tout le monde. On peut facilement s'identifier à lui", relève le comédien. Il est aux portes de la mort et n'a pas très envie d'y aller... Une artiste au visage très blanc incarne la grande faucheuse.

- Méduses -

Ni purgatoire, ni paradis, mais espace d'incertitude, le sobre décor évoque une grande salle d'attente avec comptoir, chaise design et rideaux blancs. C'est aussi une maison de retraite, un hôpital, une morgue... Autres lieux d'attente.

Le "mort" évoque sa vie, ses désirs, ses regrets, ses espoirs. Mais "Welcome", c'est aussi un univers où tout est permis.

Des saynètes évoquent Tati, tableaux vivants aux corps dessinés dans l'espace.

Avec Jean-Michel Guérin, co-scénariste du spectacle, Thibaud plonge aussi en vidéo dans les abysses où se croisent âmes errantes et... méduses. "J'ai interrogé une scientifique. Dans les abysses, il existe des méduses immortelles, dont les cellules se régénèrent", assure-t-il.

Le spectacle partira ensuite en tournée, notamment au Luxembourg (21-23 octobre), dans toute la France et à Paris au Théâtre national de Chaillot (6-13 avril), ou encore en Allemagne, au festival de Sarrebruck (11-14 juin).

Après diverses collaborations et avoir intégré en 1995 la troupe du Centre dramatique national de Reims, Patrice Thibaud rencontre en 2001 Jérôme Deschamps et Macha Makeïeff, créateurs des Deschiens. Avec eux, il joue au théâtre et participe aux opéras "L’Enlèvement au sérail" de Mozart et "L’Étoile", un opéra bouffe d'Emmanuel Chabrier.

En 2008, il écrit, met en scène et interprète, à Chaillot, "Cocorico", comédie alliant pantomime et musique. Sur la même scène, il crée "Jungles" en 2011 et joue en 2013 dans le spectacle de José Montalvo, "Don Quichotte du Trocadéro". Puis ce sera "Fairplay", sur le sport, et "Franito", alliant burlesque et flamenco, spectacles avec lesquels il continue de tourner.

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