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35 ans après, une église de Bordeaux retrouve ses albâtres volés

35 ans après, une église de Bordeaux retrouve ses albâtres volés
La chapelle Saint-Joseph de la basilique Saint-Michel de Bordeaux retrouvera le 22 septembre 2019 les dernières sculptures d'albâtre du XVe restituées au terme d'une enquête à rebondissements, de BorGEORGES GOBET
vol

Trente-cinq ans après leur vol, la basilique Saint-Michel de Bordeaux retrouve dimanche les dernières sculptures d'albâtre du XVe restituées au terme d'une enquête à rebondissements, de Bordeaux à l'Angleterre via les Etats-Unis, a annoncé vendredi la mairie.

"C'est un petit bout de notre patrimoine, mais il a une valeur symbolique", a expliqué à l'AFP Fabien Robert, premier adjoint chargé de la Culture, à la veille d'une "cérémonie de réintégration" des oeuvres.

Ces quatre reliefs en albâtre polychromé, fabriqués en série au XVe dans la région de Nottingham (Grande-Bretagne), viennent de rejoindre, après nettoyage et restauration, un retable de neuf panneaux représentant des scènes de la vie de la Vierge, dans la chapelle Saint-Joseph de l'église.

Leur vol, puis l'enquête pour les retrouver, aura été "digne d'un roman d'espionnage", selon la mairie.

Tout commence en 1984 lorsque des voleurs se laissent enfermer à plusieurs reprises dans la basilique et y dérobent sept bas-reliefs en albâtre. Les malfaiteurs prennent soin de remplacer les sculptures de quelque 60 cm de haut par des copies en plâtre.

La supercherie ne sera découverte qu'en 1993, quand la veuve d'un antiquaire parisien offre l'une des pièces originales à l'Etat pour le règlement de frais de succession.

L'enquête policière, doublée de démarches diplomatiques, permettra de localiser trois panneaux, rendus au fil des ans, puis ces quatre autres qui avaient intégré une collection privée américaine avant d'être revendus à un collectionneur anglais. Une négociation entamée en 2017 a permis leur restitution gracieuse par leur dernier acheteur britannique.

Désormais abritées derrière des verres "Securit", les panneaux pourront être admirés lors de visites strictement encadrées car "il n'est pas question de se laisser voler une seconde fois", s'est amusé le premier adjoint.

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