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Au musée d'Orsay à Paris, les ballerines "s'échappent" des toiles de Degas

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C'est comme si les ballerines immortalisées par Degas faisaient un grand saut de l'autre côté du tableau, le temps d'une danse, d'une performance et d'un cours à la barre.

Comme avec le "week-end Picasso" en 2018, le musée d'Orsay organise vendredi et samedi, avec le Ballet de l'Opéra de Paris, un spectacle immersif en marge de l'exposition "Degas à l'Opéra".

Des solistes de la compagnie, l'une des plus prestigieuses au monde et celle même qui a inspiré le "peintre des danseuses", y présentent des performances sous le titre "Degas Danse".

A la répétition mercredi, le public a ainsi pu apercevoir la danseuse étoile Emilie Cozette poser devant des étudiants de l'Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts qui, imitant le peintre, ont fait des croquis de son tutu et de ses ports de bras typiques des ballerines.

Au sein même de l'exposition, on peut entendre grâce à des installations sonores les voix enregistrées de solistes de l'Opéra évoquant leur vie de danseurs.

Dans la Salle des fêtes, trois danseuses, Ida Viikinkoski, Juliette Hilaire et Caroline Osmont, évoluent parmi les spectateurs intrigués avant de présenter, en tutu blanc, une danse contemporaine chorégraphiée par Nicolas Paul qui a conçu tout le spectacle avec la directrice du Ballet Aurélie Dupont.

"J'estime que Degas avait une vision très moderne du corps de la danseuse; ce n'est pas une vision esthétisante, ce n'était pas la ligne, la grâce qui l'intéressait", explique à l'AFP M. Paul.

Plutôt que de créer un ballet sur Degas, le chorégraphe affirme avoir voulu "une création atypique (...) pour que le dialogue s'établisse avec le public, pour ne pas le laisser à distance".

Dans l'auditorium du musée, on inverse les rôles: le danseur étoile Stéphane Bullion offrait une performance dansée parmi les sièges, tandis que le public est sur scène.

"C'est un peu intimidant en tant que danseur", confie-t-il à l'AFP.

Ce changement de perspective est en relation avec le travail de Degas, qui "avait peint les danseuses d'en haut, en plongée ou parfois avec les bustes coupés", selon l'étoile, pour qui Degas n'est pas seulement le peintre des danseuses mais du "Ballet avec un grand B".

Sous la nef du musée, le public aura aussi l'occasion de voir de très près un cours à la barre mis au point par Aurélie Dupont et d'essayer plusieurs costumes de danse et d'opéra puis de se prendre en photo.

Les organisateurs s'attendent à 600 visiteurs, avec un groupe de 200 sur chacun des trois lieux.

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