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Miossec: le FAIR, pour ne "pas se faire manger tout cru"

Miossec: le FAIR, pour ne
Le chanteur Christophe Miossec, lors d'un concert aux Francofolies de La Rochelle, le 16 juillet 2016XAVIER LEOTY

"Il faut être armé si on ne veut pas se faire manger tout cru": Christophe Miossec, lauréat du FAIR en 1996, explique à l'AFP l'importance de ce dispositif de soutien au démarrage de carrière dans les musiques actuelles, qui fête ses 30 ans lundi.

Q: Vous avez été lauréat du FAIR en 1996, qu'est-ce ça vous a apporté?

R: "Il y d'abord a une petite somme d'argent (7.500 euros aujourd’hui). On n'en avait pas besoin pour le +matos+ (instruments) car on n'était pas vraiment les rois du +matos+, avec nos deux guitares acoustiques et nos tambourins (rires). Mais ça a permis de louer des fourgons pour mettre en branle tout ce truc de tournée. C'est pas grand chose, mais ça permet de débloquer tout ça. Quand un groupe démarre c'est juste énorme. Car au départ, quand on joue, ce n'est pas forcément la grande foule pour tout le monde. Mais il n'y a pas que ça et si c'était à refaire, le FAIR, je les rappellerais pour éviter de faire des conneries (rires)".

Q: Vous voulez parler de l'aide à la négociation des contrats, aux questions des droits d'auteurs, etc ?

R: "Oui, c'est surtout ça que j'aurais dû faire. Il y a cette idée d'aide aux groupes: quand on a signé (sur un label), on est content, on est naïf... Le milieu de la musique, c'est quand même du capitalisme sauvage, il faut être armé si on ne veut pas se faire manger tout cru. Aujourd'hui le FAIR me semble même plus judicieux qu'auparavant. Avant c'était très simple, on n'avait pas tous les réseaux sociaux avec nous, c'était de la main à la main. Aujourd'hui, c'est tellement fractionné, ça part de partout, avec tous ces nouveaux supports. A l'époque (les années 90) le milieu de la musique, c'était plus petit, c'était préhistorique (rires). Claude Guyot (ancienne patronne du FAIR), qui était un personnage, connaissait la racine, la base, les clubs, les concerts. Et puis c'était plus déraisonnable à l'époque. Aujourd'hui, pour être chanteur il faut déjà être entreprenant et entrepreneur (rires)".

Q: Vous regardez les listes des lauréats chaque année?

R: "Oui, je regarde la liste des lauréats, car quand on vieillit on s'éloigne un peu (rires). Là je vais écouter les sélectionnés, pour voir ce qui se passe, ça reflète bien l'état du pays. La liste des lauréats, quand on regarde depuis 1990 (première édition), est assez incroyable. Il y a des noms qui parlent encore. Mais on voit aussi à quelle vitesse on décolle et à quelle vitesse on retombe. Aujourd'hui pour durer... wow..."

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