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Test Xiaomi Mi 10T Pro 5G: que vaut cette nouvelle déclinaison de smartphone disponible en Belgique ?

Les tests de Mathieu: Xiaomi décline encore son smartphone de l'année en Belgique, que vaut le Mi 10T Pro 5G ?
 
Les tests de Mathieu
 

Le constructeur chinois, très présent dans d'autres régions du monde et d'Europe, doit encore se faire une place en Belgique. Ca passera peut-être par le Mi 10T Pro 5G que j'ai pu essayer avant sa présentation officielle, ce mercredi après-midi.

Il y a quelques semaines, j'évoquais la manière avec laquelle le géant chinois de l'électronique Xiaomi comptait bousculer le marché du smartphone et des accessoires en Belgique, notamment avec la sortie du Mi 10, un appareil plutôt haut-de-gamme présenté au printemps.

Vous l'avez peut-être remarqué: Xiaomi applique une stratégie d'inondation du marché plutôt que de se concentrer sur un ou deux produits bien ciblés. Le rythme de sortie est parfois difficile à suivre, tant la gamme chinoise est immense (Mi, Redmi, POCO, Mi Mix, Mi A) et qu'il destine certains modèles ou variantes de modèles à l'un ou l'autre continent, parfois en changeant son nom.

Cet automne marque (déjà) l'arrivée d'un nouveau smartphone (plus ou moins) haut-de-gamme sur le marché belge: les Mi 10T. Ils sont déclinés en trois versions, pour bien compliquer les choses: Mi 10T Pro et Mi 10T qui sont relativement similaires (de 499€ à 649€) ; et Mi 10T Lite (329€, qui inaugure la puce 5G abordable Snapdragon 750G).

Je ne trouve pas ça très lisible pour le consommateur, mais c'est une question de marketing, ça permet à Xiaomi de communiquer une seule fois sur trois produits, même si ceux-ci sont relativement différents.


 

Le Mi 10T Pro, un gros smartphone

Quoi qu'il en soit, Xiaomi confirme ses ambitions en Belgique: j'ai pu essayer juste avant sa présentation officielle ce mercredi après-midi la version 10T Pro. Il s'agit d'un appareil imposant, tant par son épaisseur (0,9 voire 1,2 cm au niveau du bloc photo protubérant), que par son poids (218 grammes) et la taille du gros capteur de 108 MP.

Pour le reste, ce smartphone reste assez conventionnel au niveau du design: courbure à l'arrière (pas sur l'écran, qui est plat, alors que le Mi 10 était arrondi sur les côtés), poinçon en haut à gauche pour l'appareil photo frontal, cadre en aluminium brillant, dos en verre brillant (noir, gris ou bleu) de type Gorilla Glass 5 qui attrape la moindre trace de doigt et attire les poussières (sauf le gris qui est mat). C'est une appréciation personnelle mais je n'ai jamais aimé les dos brillants, et je pense qu'il est temps de passer à autre chose, certains l'ont compris.

La finition est bonne, l'assemblage aussi. Gros plus pour la batterie de 5.000 mAh qui bénéfice d'une charge assez rapide (33W, fourni) qui "divise" la charge en deux. De quoi tenir deux jours si vous ne forcez pas trop, mais surtout: en 25 minutes, vous passez d'environ 0 à 40%, donc il n'y a plus vraiment de souci à se faire de ce côté-là. Il faut compter une heure pour la charge complète. 

Petit bémol: le capteur d'empreinte digitale pour le déverrouillage est situé sur la tranche, une position que je n'apprécie pas spécialement car il faut toujours prendre le smartphone en main, et d'une certaine manière, pour le déverrouiller rapidement. Heureusement, ce capteur est performant, bien plus que celui du Xperia 1 II qui m'a rendu fou.

Sachez également, mais c'est plus anecdotique: le Mi10 T Pro n'est pas équipé de la charge sans fil, ni d'une certification d'étanchéité. Il est revanche compatible 5G (mais pour l'instant, en Belgique, on s'en fiche un peu) et Wi-Fi 6 (pour en savoir plus, c'est par ici). De plus, il a des hauts-parleurs stéréo, ce qui est toujours agréable. 

En version 8 GB de RAM + 128 GB de stockage interne, il coûte 599€. Comptez 649€ pour avoir 256 GB de stockage.

Un écran LCD allant de 30 à 144 Hz

Au niveau de l'écran, pour des raisons de coût j'imagine, Xiaomi a décidé de se passer de l'OLED, pourtant la meilleure technologie pour des noirs profonds, de jolis contrastes et des couleurs vives. On doit se contenter d'une dalle baptisée TrueColor DotDisplay de 6,67" au format 20:9, avec une définition de 2400x1080 pixels. Je ne l'ai pas trouvé mauvais, loin s'en faut, mais comparé à d'autres dalles OLED, je lui trouve un manque de piqué, de détails, et aussi un angle de vision de moindre amplitude. Les couleurs seraient, d'après l'entreprise, d'une très grande fidélité, c'est toujours bon à prendre.

Xiaomi se rattrape avec un taux de rafraîchissement adaptatif qui peut aller jusqu'à 144 Hz (l'image est alors rafraîchie 144 fois par seconde, ce qui n'est utile que pour certains jeux vidéo). Le reste du temps, le logiciel interne (la surcouche MIUI 12) se charge de détecter les besoins de l'application utilisée, afin de réduire si nécessaire le taux de rafraîchissement à 30, 48, 50, 60, 90 ou 120 Hz.

Avantage: la batterie n'est pas trop sollicitée, car un haut de rafraîchissement, vous l'imaginez, a besoin de beaucoup d'énergie. Mais au niveau du confort de lecture et de visionnage, plus c'est rafraîchit, plus c'est agréable et plus il est difficile de revenir à un écran basique de 60 Hz (qui équipe pourtant la plupart des smartphones, y compris les futurs iPhone 12).


 

Une interface originale

Le Mi 10T Pro de Xiaomi est très rapide, en partie grâce à la puce la plus performante du moment qui le fait tourner, le Snapdragon 865 du géant américain Qualcomm. Comptez également sur une partie graphique assurée par une puce Adreno 650, et sur les dernières normes en matière de transfert de données de la mémoire (UFS3.1 et LPDDR5), pour faire tourner l'interface maison MIUI 12.0.5 à la perfection.

C'est une interface assez originale, au final. Elle s'éloigne assez bien de ce que propose Android 10, sur lequel elle est basée. Par exemple, il y a ce "Centre de contrôle" qui s'affiche dès qu'on fait un mouvement du pouce de haut en bas, n'importe où sur l'écran. Ce n'est jamais qu'une manière de montrer des boutons de raccourcis pour contrôler le smartphone, mais c'est assez intuitif et bien dessiné.

Xiaomi ajoute des fonctions plutôt sympas comme les fenêtres flottantes qui ne concernent que certaines applications (elles peuvent alors s'afficher en superposition d'autres applications) ou le mode Game Turbo qui vous permet de jouer sans être dérangé et en utilisant toutes les ressources du smartphone.

Comme toutes les entreprises qui ont débuté leurs activités en Chine, Xiaomi a du construire tout un écosystème en dehors de Google, inaccessible dans ce pays. Il y a donc une panoplie d'applications maison, à commencer par un navigateur, et de services (cloud, sécurité, nettoyeur, communauté). C'est souvent plus encombrant que pratique, à moins d'être un fan de Xiaomi et d'être certain de rester fidèle à la marque au fil des ans. Personnellement, je préfère utiliser l'écosystème de Google qui est utilisable et transportable sur n'importe quel appareil (smartphone, tablette, ordinateur, TV, montre) de n'importe quelle marque utilisant Android.

Notez aussi que contrairement aux Chinois Huawei, OnePlus et Oppo, Xiaomi n'a pas parfaitement adapté son interface et ses services à l'Europe. Il y a quelques approximations de français, quelques mots trop lons qui débordent du cadre, des prix en dollars de Honk Kong pour le cloud, etc... De manière générale, tous ces services Xiaomi s'avèrent un peu trop nombreux et brouillons à mon goût. 

D'autant plus que j'ai remarqué, dans l'outil "Sécurité" qui s'active automatiquement lorsqu'on un télécharge une application (même celles obtenues via le PlayStore officiel de Google), la présence d'une publicité ! Rien de grave, mais ça me dérange :


 

Et la photo ?

Le Xiaomi Mi 10T Pro est équipé d'un capteur principal de 108 MP. C'est lui qui a inauguré cette très haute définition de pixels qui permet notamment de zoomer sans perdre de détails (x2), et de fusionner les pixels (pixel bining 4 > 1). Les images du capteur principale sont donc enregistrées en 25 MP par défaut, mais il y a un mode "haute résolution" sans grand intérêt.

Xiaomi s'est amusé à ajouter un tas d'options logicielles pour prendre des photos et des vidéos de toutes les manières possibles et imaginables, et ensuite pour les retoucher. Les employés du marketing de l'entreprise parlent d'un "booster de créativité", et effectivement il y a de bonnes idées, comme la fonction "clone" permettant de multiplier un personnage sur une photo/vidéo. Mais rien de transcendant.

Une partie du public s'en amusera, mais la majorité des utilisateurs se contentera des modes automatiques, comme toujours. Et dans ces cas-là, le Mi 10T Pro s'en sort assez bien dans la plupart des situations, mais reste un peu en retrait par rapport aux ténors du secteur que j'ai pu essayer dernièrement (Huawei P40 Pro, Samsung Galaxy Note 20 Ultra, OnePlus 8 Pro), qui sont plus performants au niveau des zooms notamment (mais qui coûtent presque 2 x plus cher).

J'ai cependant bien aimé la polyvalence du bloc optique, par contre: à côté du capteur principal de 108 MP, on trouve un ultra grand angle de 13 MP qui captera une scène élargie, un capteur pour la macro (plan très rapproché) de 5 MP. Au niveau du capteur frontal, vous pouvez compter sur un 20 MP honorable pour vos selfies et autres appels vidéo.

Sachez enfin que l'appareil permet de filmer en 8K, mais je n'en vois pas beaucoup l'intérêt, à moins que par la suite, à l'aide d'un logiciel de montage, vous parvenez à zoomer dans la vidéo.


 

Conclusion

Xiaomi ne laisse pas de répit à la concurrence. Huawei étant momentanément hors-jeu (suite à la guerre commerciale que lui livre les Etats-Unis, voir les détails), il y a de la place sur le marché belge, et il n'y a pas que Samsung qui compte profiter de notre pouvoir d'achat élevé.

Mastodonte de l'électronique grand public, abordable et parfois, avouons-le, un peu gadget à bas prix, Xiaomi joue un rôle de plus en sérieux au niveau des smartphones. Le Mi 10 m'avait convaincu en ce début d'année, et le Mi 10T Pro, une des nombreuses variantes du modèle de 2020, affiche un bon rapport qualité-prix.

Effectivement, pour 599€, il a tout ce qu'il faut, où il faut. La puce la plus puissante de l'année, suffisamment de mémoire et de stockage, un bloc photo/vidéo polyvalent et avec quelques options amusantes, un écran qui n'est pas OLED mais qui le comble avec un taux de rafraîchissement très élevé et adaptatif. Ajoutez à cela une grosse batterie de 5.000 mAh et la charge très rapide (33W), et vous avez un très bon appareil.

Ce qui le sépare des flagships de la concurrence et justifie les 400€ de différence ? L'absence de charge sans-fil et de certification d'étanchéité, un écran sans courbe sur les côtés. Rien d'immanquable à l'heure actuelle. Autre bémol, mais c'est assez personnel: le design en verre brillant et attrape-tâches à l'arrière, c'est un peu ennuyant à la fin ; et le capteur d'empreinte sur la tranche, ce n'est pas le meilleur endroit, je le préfère sous l'écran. Par contre, plus gênant: un tas d'application maison parfois encombrante, comme l'analyseur d'applications téléchargées (via le PlayStore officiel de Google notamment) qui affiche systématiquement une publicité !

Quoi qu'il en soit, Xiaomi joue la carte du flagship killer, c'est-à-dire un smartphone très performant mais nettement moins cher que la concurrence haut de gamme. 

Il va se heurter à ce que propose OnePlus, une autre entreprise chinoise qui a sorti un excellent Nord à 399€ (voir mon test) cette année ; à Samsung qui ne cesse de multiplier lui aussi les sorties en milieu de gamme ; au nouveau venu Oppo, très ambitieux en Belgique, donc la série Reno4 est dans la même gamme de prix. Et à toutes les marques présentes depuis plus longtemps dans notre pays: Sony, LG, Motorola, Nokia (dont j'évoquerai bientôt le 8.3 5G).


 
 
 
 
 
 
 

 




 

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