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Oiseaux: la France avertie par l'UE sur les méthodes de chasse illégales

Oiseaux: la France avertie par l'UE sur les méthodes de chasse illégales
La Commission européenne demande à la France de mettre fin à certaines méthodes de chasse illégales contre les oiseaux, notamment les oies cendrées GLYN KIRK

La Commission européenne a lancé jeudi un premier avertissement à la France, lui demandant de mettre fin à certaines méthodes de chasse illégales contre les oiseaux.

L'exécutif européen a ouvert une procédure d'infraction contre la France en lui adressant une lettre de mise en demeure, première étape d'un processus qui peut aboutir in fine, en l'absence de réponse satisfaisante de l'Etat concerné, par une saisine de la Cour de justice de l'UE.

Selon Bruxelles, "la France autorise des pratiques de chasse non sélectives, comme la chasse à la glu et au filet, qui ne sont pas conformes aux exigences" de la directive "Oiseaux" sur la conservation des oiseaux sauvages et de leurs habitats.

"La Commission s'inquiète également de la tolérance et de l'autorisation généralisées actuelles de la chasse à l'oie cendrée après que celle-ci a commencé sa migration vers ses sites de reproduction", pratique pourtant interdite, explique l'institution.

La France a deux mois pour répondre.

Sur le cas particulier de la tourterelle, la Commission somme par ailleurs la France et l'Espagne de renforcer la protection de ce volatile "autrefois très courant en milieu agricole, mais désormais menacé".

Cela illustre selon elle "comment la pression de l'agriculture et de la chasse contribue à une perte de biodiversité".

La Commission rappelle que l'espèce est considérée comme "vulnérable" à la fois sur la liste rouge mondiale des oiseaux et sur la liste rouge européenne des oiseaux.

"L'Espagne accueille plus de la moitié de la population reproductrice dans l'UE, et la France en accueille 10%", et donc l'action des deux pays est "capitale pour la conservation de cette espèce", selon Bruxelles, qui précise qu'entre 1996 et 2016, la population a décliné de 40% en Espagne et de 44% en France.

Ce n'est pas la première fois que la France est réprimandée en ce domaine: après avoir été renvoyée devant la justice européenne, la France s'était finalement mise en conformité en 2017 sur la chasse aux ortolans.

"L'Union européenne vient utilement rappeler à la France ses devoirs et engagements", s'est félicité Allain Bougrain Dubourg, président de la Ligue de protection des oiseaux (LPO), qui avait porté plainte contre la France, cité dans un communiqué.

Le Conseil d'Etat a retoqué à 12 reprises des tentatives de l'Etat pour prolonger la chasse des oies cendrées après la date de fermeture officielle du 31 janvier.

La LPO proteste aussi contre la possibilité de chasser "30.000 tourterelles des bois et 6.000 courlis cendrés", avec deux arrêtés en préparation, "tout en renouvelant les autorisations pour piéger des milliers d’oiseaux avec de la glu, des matoles (pièges) et des filets, les écraser avec des pierres plates ou les étrangler avec des collets".

Après l'avertissement de la Commission, "on va regarder s'il est opportun de baisser encore le niveau de prélèvement" pour la tourterelle des bois, a indiqué le ministère de la Transition écologique.

Un comité d'experts mis en place par le gouvernement préconise de ne plus chasser la tourterelle des bois, ou au pire, de tuer 1,3% des effectifs estimés en France, soit 18.300 oiseaux. Le comité recommande la mise en place d'un moratoire dans le cas du courlis cendré.

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