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Actionnaire chinois chez Daimler: "Pas d'infractions" selon Merkel

Actionnaire chinois chez Daimler:
La chancelière allemande Angela Merkel le 27 février 2018 à BerlinTobias SCHWARZ
Chine

La chancelière allemande Angela Merkel a indiqué mardi ne pas voir "d'infractions" dans l'entrée d'un milliardaire chinois au capital du géant automobile Daimler, alors que l'inquiétude croît en Europe face aux ambitions de Pékin.

"A première vue nous ne voyons pas d'infraction ici. Nous avons d'ailleurs des investisseurs koweïtiens chez Daimler", a dit Mme Merkel à la presse en réaction à l'annonce surprise vendredi que le groupe industriel Geely, détenu par le milliardaire chinois Li Shufu, était devenu le premier actionnaire du fabriquant des Mercedes.

"Nous sommes ouverts aux partenaires commerciaux. (...) Pour nous l'important c'est d'avoir une industrie automobile durable en Allemagne, c'est notre objectif politique stratégique", a insisté la chancelière.

La ministre allemande de l'Economie, Brigitte Zypries, s'était montrée plus méfiante lundi, estimant que l'arrivée de Geely chez Daimler ne devait pas être "une porte d'entrée pour servir la politique industrielle d'autres Etats".

En effet, de nombreux responsables européens mettent en garde contre une trop forte croissance des investissements chinois sur le continent. Ils y voient le risque d'une extension de l'influence de Pékin sur des gouvernements européens, notamment en Europe centrale et orientale.

Mme Merkel a mis en garde mi-février contre les appétits de Pékin en référence au projet chinois de "nouvelles routes de la soie", un colossal plan d'investissements dans les infrastructures, routes et autoroutes européennes.

Plusieurs ministres allemands se sont aussi inquiétés publiquement ces dernières années de la multiplication des investissements chinois et des ambitions de Pékin, en particulier l'actuel ministre des Affaires étrangères Sigmar Gabriel.

"L'initiative de la nouvelle route de la soie (...) est un système complet pour tenter de modeler le monde dans l'intérêt de la Chine", a ainsi insisté M. Gabriel lors de la conférence sur la sécurité de Munich mi-février.

En juillet dernier, l'Allemagne s'est dotée d'un décret explicitement censé la protéger des ambitions des investisseurs chinois sur les entreprises liées aux activités stratégiques du pays (infrastructures, informatique, énergie).

Celui-ci soumet à l'examen du ministère de l'Economie tout investissement portant sur plus de 25% du capital d'une entreprise par un investisseur situé hors de l'Union européenne (UE) ou de l'Association européenne de libre échange (AELE).

L'industriel chinois Geely a acquis 9,6% des parts de la maison mère de Mercedes-Benz et Smart, supplantant ainsi un fonds public koweïti jusque là détenteur de 6,8% des parts de Daimler, devant les 3,1% de Renault-Nissan.

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