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Avion de combat du futur: Paris et Berlin doivent régler leurs différends, selon Dassault

Avion de combat du futur: Paris et Berlin doivent régler leurs différends, selon Dassault
Eric Trappier, patron de Dassault Aviation, à Saint-Cloud (Hauts-de-Seine) le 4 septembre 2019ERIC PIERMONT

Paris et Berlin doivent rapidement se mettre d'accord sur des règles d'exportations concernant le Système de Combat Aérien Futur (SCAF) franco-germano-espagnol pour permettre de lancer les études menant à la conception d'un démonstrateur, a appelé vendredi le patron de Dassault Aviation.

"La notification (du contrat) des démonstrateurs aurait dû se faire en juin lors du salon du Bourget. Septembre devait être l'heure du lancement, on évoque aujourd'hui la fin de l'année. Attention que cela ne se décale pas trop encore", a mis en garde Eric Trappier à l'occasion de l'Université d'été de la défense sur la base aérienne d'Avord (Cher).

Un démonstrateur est un premier prototype, capable de voler.

"Ce n'est pas de l'impatience, c'est indispensable" pour conserver l'objectif d'une entrée en service à l'horizon 2040 avec un premier démonstrateur en 2026 comme il est prévu, a prévenu le patron de Dassault, qui assure la direction du programme côté industriels.

Paris, Berlin et Madrid ont signé le 17 juin lors du salon du Bourget un accord-cadre structurant les trois pays autour du SCAF. Au coeur de ce système se trouve le futur chasseur (NGF, Next Generation Fighter), destiné à remplacer les actuels Rafale et Eurofighter.

Un premier contrat d’architecture, d'un montant de 65 millions d'euros, avait été notifié en janvier à Dassault Aviation et Airbus.

Mais pour Eric Trappier, "pour que ce projet prenne réellement son vol, il faut désormais dépasser le stade de la première étude qui nous a été notifié en début d'année. Il faut le poursuivre par le lancement des démonstrateurs, c'est vital".

"La volonté de lancer un programme incombe toujours aux politiques et à eux seuls. Il reste encore des points délicats à trancher, notamment des points d'exportabilité", a-t-il noté.

Une source gouvernementale française a toutefois confié à l'AFP: "nous sommes en train de converger" sur la question des exportations.

Le président de la commission des Affaires étrangères et de la Défense du Sénat, Christian Cambon a lui aussi imploré la France et l'Allemagne de "ne pas briser l'élan" et que les deux pays règlent "le difficile problème des exportations de matériels qui pénalise tant nos industriels".

Les exportations futures du SCAF seront essentielles pour assurer la viabilité économique du programme, estime-t-on en France.

Les règles régissant ces exportations sont un point de friction entre Paris et Berlin, a également relevé un parlementaire. Selon lui, les deux pays s'opposent aussi sur la question des logiques de retours pour leurs industries respectives, entre "l'approche industrielle" du programme en Allemagne et la française, "tournée vers l'approche opérationnelle".

Certains à Berlin cherchent également à remettre en cause la maîtrise d'oeuvre de ce programme accordée à la France contre la maîtrise d'oeuvre de l'Allemagne sur le futur char de combat franco-allemand, a déploré ce parlementaire, qui s'est également inquiété que le Bundestag ne cherche à financer à la partie allemande du programme "par tranches" et donc susceptible d'être remise en question à chaque étape.

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