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Le marché automobile français retombe après une envolée artificielle

Les immatriculations de voitures neuves en France ont baissé de 12,8% en septembre sur un an, contrecoup d'une nouvelle norme européenne qui avait provoqué une envolée artificielle en août.

Les livraisons de PSA (Peugeot, Citroën, DS, Opel) ont progressé de 2,6% en septembre, alors que celles du groupe Renault (avec Dacia et Alpine) ont chuté de 17,8%, d'après les chiffres du Comité des constructeurs français d'automobiles (CCFA) publiés à la veille des journées presse du Mondial de l'Automobile à Paris.

Quelque 148.752 voitures particulières neuves ont été mises sur les routes de France au cours du mois dernier qui comptait 20 jours ouvrés, contre 21 en septembre 2017. A nombre de jours ouvrés comparable, le marché a baissé de 8,5%.

Une correction était attendue après l'envolée de 40% en août, liée à l'entrée en vigueur d'une nouvelle norme européenne pour l'homologation des véhicules à partir du 1er septembre.

Les véhicules neufs doivent désormais se soumettre à la procédure WLTP. Ces tests en laboratoire, qui mesurent la consommation de carburant, mais aussi les émissions de CO2, de particules, d'oxydes d'azote (NOx) et autres produits nocifs, reflètent mieux les consommations et rejets réels des véhicules.

Certains constructeurs sont soupçonnés d'avoir accordé de gros rabais en juillet, et surtout en août, sur des véhicules qui n'auraient pas pu être commercialisés à partir de septembre, ou bien de les avoir immatriculés auprès de leurs propres concessionnaires afin de les écouler plus tard.

"Il y a eu une +sur-immatriculation+ en août sur certaines marques qui ont écoulé des véhicules pas homologués WLTP" a confirmé à l'AFP le porte-parole du CCFA François Roudier.

Sur les neuf premiers mois de l'année, 1,66 million de voitures neuves ont été immatriculées en France, soit une hausse de 6,5%, plus représentative de la réalité du marché qui reste globalement solide.

Le CCFA avait relevé début septembre ses prévisions pour 2018, tablant sur une hausse des immatriculations de 5%, alors qu'il prévoyait +3% en début d'année.

Depuis janvier, la part du diesel, toujours décrié, tombe sous la barre des 40% du marché (-8 points sur un an) au profit de l'essence (+7 points à 54%). Les motorisations hybrides (essence/électrique) progressent d'un point à 4,6%. Les voitures 100% électriques stagnent à 1,2%.

- PSA en forme -

En septembre, les marques françaises (-7%) ont nettement moins baissé que leurs rivales étrangères (-20,6%), grâce à PSA qui avait annoncé avoir homologué à temps l'ensemble de sa gamme.

Les livraisons de Citroën ont progressé de 4,7% le mois dernier, celles de Peugeot de 0,7%. La filiale allemande Opel a gagné 9,9%. En revanche, DS a reculé de 8,4%. Au total, PSA consolide sa place de premier constructeur national avec une part de marché de 31,8% sur les neuf premiers mois de l'année.

Renault semble davantage concerné par l'effet WLTP. Les immatriculations de la marque au losange ont chuté de 23,5% en septembre, après +53,8% en août. Sa filiale roumaine à bas coût Dacia poursuit sa progression (+5,5%, après +46% en août).

Du côté des étrangers, le groupe Volkswagen, premier importateur en France, a chuté de 36,3% en septembre (après +49,7% en août). Il avait lui-même annoncé cet été que plusieurs de ses modèles ne pourraient être homologués au 1er septembre. La chute est particulièrement prononcée chez Audi (-55,4%) et chez Porsche (-69,5%).

Sur les neuf premiers mois de l'année, la part de marché du géant allemand aux 12 marques baisse de près de 0,4 point à 11,8%.

Ce n'est pas la grande forme non plus du côté des rivales germaniques "haut de gamme". BMW (avec Mini) a baissé de 0,7% en septembre et de 0,2% sur neuf mois. Daimler (Mercedes, Smart) a chuté de 12,2% en septembre (-1,3% depuis le début de l'année).

Septembre a été difficile pour les groupes généralistes Ford (-14,4%) et Fiat Chrysler (-23,8%).

Mais la palme des distorsions liées à la nouvelle norme européenne revient à Nissan dont les immatriculations se sont écroulées de 76,9% en septembre, après un bond de 110,3% en août.

Son compatriote Toyota continue d'être porté par la demande pour ses modèles hybrides (+9,8%).

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